BCC: À Kisangani, le Gouverneur André Wameso réaffirme son engagement à redorer l’image de la Banque Centrale du Congo en provinces et rend hommage aux victimes du Génocost.

Laurent Kangisa

En séjour dans la capitale de la Tshopo à l’occasion de la retraite stratégique du Conseil de la Banque Centrale du Congo (BCC), le Gouverneur André Wameso s’est distingué par une double démarche : une réflexion de fond sur le futur plan stratégique de l’institution et un hommage solennel rendu à la mémoire des victimes du Génocost. Deux actes forts qui traduisent à la fois une vision de gouvernance et une conscience citoyenne.

Une retraite stratégique sous le signe du renouveau

La ville de Kisangani a accueilli depuis le vendredi 07 novembre 2025, les membres du Conseil de la Banque Centrale du Congo dans le cadre d’une retraite consacrée à l’élaboration du prochain plan stratégique de l’institution d’émission pour la période allant de 2026 à 2031. Ce cadre de réflexion, baptisé « Plan stratégique de Kisangani », s’inspire symboliquement de la Constitution de Luluabourg, pour signifier une refondation et une décentralisation assumée du rôle de la BCC à travers le pays.

Dans son adresse à la Direction provinciale de la BCC à Kisangani ce lundi 10 novembre 2025, le Gouverneur André Wameso a réaffirmé sa volonté de restaurer l’image et la présence de la Banque Centrale en provinces. Il a également rassuré le personnel sur plusieurs aspects : renforcement des effectifs, formation continue, réhabilitation des bâtiments hérités de l’époque coloniale et modernisation des équipements.

« Sous peu, un nouveau fourgon répondant aux standards requis sera acquis pour faciliter le convoyage de fonds », a-t-il annoncé, soulignant que la politique d’investissement de la BCC intégrerait désormais un volet provincial ambitieux.

Le symbole du cocotier : souplesse et résilience

Moment fort de cette visite, le Gouverneur Wameso a planté un cocotier devant l’entrée principale de la Direction provinciale. Un geste hautement symbolique, selon lui, car le cocotier incarne « la résistance souple ».

« Il ploie sous le vent, mais ne se brise pas », a expliqué le Gouverneur, établissant un parallèle entre la nature du cocotier et celle d’une politique monétaire bien conduite : capable d’absorber les chocs, de s’ajuster avec flexibilité et de maintenir l’équilibre dans les tempêtes économiques.

Un symbole qui illustre la philosophie du dirigeant de la BCC : une stabilité monétaire ancrée dans l’adaptabilité et la résilience, valeurs indispensables pour une économie en mutation.

Des félicitations et des attentes exprimées

Au cours de la rencontre, la représentante de la délégation syndicale Elohim Gombo et le Directeur provincial Serge Saidi Kibandwa ont salué la disponibilité du Top Management de la Banque.
Le banc syndical a notamment exprimé sa reconnaissance pour la consultation interne initiée par le Gouverneur, permettant au personnel d’exprimer sa perception de l’institution et ses attentes.

Le Directeur provincial Serge Saidi Kibandwa , pour sa part, a salué la capacité de M. André Wameso à raffermir le franc congolais dans un contexte de fortes turbulences économiques, comparant son savoir-faire à celui des pêcheurs Wagenia, emblématiques de Kisangani : « Comme eux, le Gouverneur manie ses instruments avec précision, équilibre et courage », a-t-il déclaré, soulignant le parallèle entre les rapides du fleuve Congo et les soubresauts du marché monétaire.

Hommage solennel aux victimes du Génocost

En marge de ces activités institutionnelles, le Gouverneur André Wameso s’est recueilli au Mémorial de Kisangani, en hommage aux victimes de la « Guerre des Six Jours » (5–10 juin 2000), tragique affrontement entre les armées rwandaise et ougandaise.
Ce lieu de mémoire comprend trois stèles dédiées aux différentes catégories de victimes, un mausolée abritant un musée pédagogique, ainsi que des fosses communes et un champ de croix.

Dans un silence empreint de respect, le Gouverneur a déposé une gerbe de fleurs, rappelant que la stabilité économique ne saurait se dissocier de la stabilité humaine et sociale.

« Le devoir de mémoire est indissociable du devoir de résilience. C’est dans la reconnaissance de nos blessures que se forge la force d’une nation et la solidité de sa monnaie », a-t-il déclaré.

Le concept de « Génocost », contraction de génocide et coût, fait référence à l’idée selon laquelle le peuple congolais a subi un génocide à motivation économique, lié à la convoitise autour de ses ressources naturelles.

Laurent Kangisa.