Une grave pénurie d’antirétroviraux (ARV) frappe actuellement la province du Haut-Uele, mettant en danger la vie de milliers de patients séropositifs. Les autorités sanitaires provinciales appellent à une intervention urgente du gouvernement pour acheminer les médicaments encore bloqués à Kinshasa.
Selon des sources médicales locales, environ 37.000 patients suivent actuellement un traitement à base d’ARV dans la province. Le stock d’alerte encore disponible à Isiro, estimé à 11.000 comprimés, est largement insuffisant pour couvrir les besoins de la région. Cette situation pourrait avoir des conséquences dramatiques, notamment une hausse des nouvelles infections, une non-suppression des charges virales, l’aggravation de la maladie chez les patients sous traitement, voire des décès.
Une crise due à la rupture du financement international
La crise actuelle serait liée à la rupture du projet de lutte contre le VIH/SIDA soutenu auparavant par le Fonds mondial, principal bailleur de fonds dans ce domaine en RDC. L’arrêt ou la réduction de ce soutien a entraîné un faible ravitaillement en médicaments dans plusieurs régions, dont le Haut-Uele.
Les autorités sanitaires provinciales demandent l’implication urgente du gouvernement central pour faciliter le transport et la distribution des ARV entre Kinshasa et les zones concernées, particulièrement dans les zones enclavées et à forte prévalence.
Une province fortement touchée par l’épidémie
D’après le dernier rapport de la surveillance épidémiologique publié par le ministère de la Santé, le Haut-Uele figure en troisième position des provinces les plus touchées par le VIH/SIDA sur les 26 que compte la RDC. Les zones minières ainsi que les localités reculées sont particulièrement affectées.
Objectifs du programme national menacés
La situation compromet sérieusement les objectifs du Programme national de lutte contre le VIH/SIDA (PNLS), qui vise à ce que :
90 % des personnes connaissent leur statut sérologique ;
90 % des personnes vivant avec le VIH soient mises sous traitement ARV ;
La transmission mère-enfant soit réduite au minimum ;
La mortalité liée au VIH soit significativement diminuée ;
Le dépistage volontaire soit généralisé.
Sans une intervention rapide, le Haut-Uele risque de connaître une recrudescence des cas de VIH/SIDA, ruinant les efforts accomplis ces dernières années dans la lutte contre cette pandémie.
Rédaction