Ce qui n’était il y a peu qu’un rêve porté par des ONG et quelques chefs coutumiers commence aujourd’hui à porter ses fruits. Dans le territoire de Bafwasende, au cœur de la Tshopo, les communautés locales et peuples autochtones (PACL) bénéficiant de concessions forestières communautaires locales (CFCL) voient enfin les retombées concrètes de leur engagement dans la gestion durable de leurs forêts.
Grâce à l’accompagnement technique et institutionnel de Tropenbos RDC, dans le cadre du projet SEFOMEPC (Sécurisation foncière et renforcement des moyens d’existence des peuples autochtones et communautés locales), financé par Tenure Facility, des dizaines de communautés ont été formées à des activités génératrices de revenus telles que l’agriculture pérenne, la pisciculture, l’apiculture ou encore la culture du cacao.
Une mission ministérielle pour constater les impacts
Mi-septembre 2025, une délégation conjointe composée de représentants de Tropenbos RDC et du ministère provincial de l’Environnement s’est rendue dans le territoire de Bafwadende pour évaluer l’impact réel du projet. À sa tête, la ministre de l’Environnement Bijou Koy, qui n’a pas caché son émotion en écoutant les témoignages des bénéficiaires.
> « Nous nous sommes approprié ce projet, nous avons travaillé durement, et voilà aujourd’hui que nous récoltons les fruits », a déclaré la présidente de l’association Maendeleo, qui regroupe des pisciculteurs locaux, lors d’un échange avec la ministre.

Cette réussite n’est pas isolée. Les apiculteurs ou producteurs de miel, rapportent des récoltes abondantes désormais vendues sur les marchés locaux. Du côté des agriculteurs de cacao, les revenus générés sont deux à trois fois supérieurs à ceux des cultures vivrières traditionnelles comme le manioc ou le riz paddy.
« Grâce à l’argent de la vente du cacao, je peux payer les frais scolaires de mes enfants, les soins médicaux, et même mettre de l’argent de côté », confie un agriculteur rencontré sur place.
Une dynamique d’émulation… et de nouveaux défis

Face au succès croissant du projet, de nombreux membres de la communauté initialement réticents se sont désormais engagés dans l’initiative. Ils expriment aujourd’hui leur besoin d’étendre leurs plantations et d’accéder à des semences de qualité.
Cependant, les défis ne manquent pas : le coût d’entretien des cultures, le manque de financement, et l’insuffisance de semences pour les nouveaux adhérents sont autant d’obstacles à franchir pour pérenniser ces avancées.
Un modèle de développement participatif
Lancé en 2024, le projet SEFOMEPAC s’inscrit dans une vision de long terme. Il appuie la sécurisation foncière et forestière des PACL à travers le renforcement des systèmes de gouvernance dans 12 CFCL déjà établies et 31 autres PACL en cours d’acquisition de titres fonciers.
L’ambition est claire : réduire la pression sur les forêts tout en améliorant durablement les conditions de vie des populations locales. Ce modèle de développement participatif place les bénéficiaires au cœur du changement, non plus comme de simples exécutants, mais comme véritables acteurs de leur avenir.
Laurent Kangisa.