
La 21e Communauté des Nations du Christ en Afrique (21e CNCA) a consacré, samedi 28 février 2026 , un nouvel évêque en la personne de Mgr Prosper Magbhutu A-Loha, 56 ans, au cours d’un culte solennel célébré à la cathédrale de la communauté. Une cérémonie de haute portée spirituelle et symbolique, rehaussée par la présence d’autorités ecclésiastiques, politico-administratives, dont la députée nationale Dr Anastasie Moleko, élue de Basoko et de nombreux fidèles.
La consécration a été présidée par Sa Grâce l’archevêque Pierre Mehuma Huma Bolita, représentant légal de la 21e CNCA, entouré des évêques de Bunia, Banalia, Bafwasende et Tshikapa. L’évêque président de l’Église du Christ au Congo (ECC), Mgr Samuel Lotika, a également pris part à cette célébration, marquant l’unité et la reconnaissance institutionnelle autour du nouvel évêque.

Un rituel solennel et des engagements forts
Avant l’imposition des mains, Mgr Prosper Magbhutu A-Loha a prêté serment de fidélité à l’archevêque et s’est engagé à respecter les textes régissant la communauté, promettant de ne jamais quitter l’Église, quelles que soient les épreuves.
La consécration s’est matérialisée par le port de la tenue sacerdotale et la remise des insignes du pouvoir épiscopal : la Bible, la canne du berger, l’alliance, la crosse, le marteau et les statuts de la 21e CNCA. Autant de symboles traduisant la charge pastorale, l’autorité spirituelle et la responsabilité administrative désormais confiées au nouvel évêque.
Un tournant historique pour le peuple Mosoko

Originaire du territoire de Basoko, Mgr Prosper Magbhutu A-Loha devient le premier évêque protestant de l’histoire contemporaine du peuple Mosoko. Un fait historique salué par les fidèles, d’autant plus qu’il exercera son ministère dans son terroir d’origine.
Il prend la tête du diocèse du Fleuve, une juridiction récemment créée qui couvre les territoires d’Isangi, Yahuma et Basoko, avec siège épiscopal dans la cité de Basoko. Ce diocèse naissant fait face à d’importants défis : sous-qualification de certains pasteurs, insuffisance d’infrastructures pour abriter les cultes et faible épanouissement de la communauté dans certaines zones.
Des enjeux que le nouvel évêque connaît bien. Il assumait déjà les fonctions de Mgr diocésain du diocèse du Fleuve depuis le 1er juin 2025 jusqu’à sa consécration ce 28 février 2026.
Un parcours pastoral et académique dense
Le parcours de Mgr Magbhutu A-Loha témoigne d’une longue expérience au service de l’Église. Avant même la création officielle du diocèse en juin 2025, il fut représentant provincial de la province ecclésiastique du Fleuve (février–juin 2025), enseignant à l’Institut Yangwa et pasteur assistant à Basoko.
Il a dirigé l’Institut théologique du Fleuve pendant cinq ans (2005–2009), après avoir été directeur de l’Institut biblique et préfet des études à l’Institut Bunga (2001–2003). Ces responsabilités sont intervenues à l’issue de trois années d’études en théologie à l’Institut supérieur théologique de Bunia, aujourd’hui connu sous le nom d’Université Shalom de Bunia, où il a obtenu son graduat en théologie.
Bien avant son cursus académique, il avait déjà servi comme évangéliste à Bokpamba entre 1996 et 1998.
À Kisangani, il a successivement été pasteur assistant puis révérend pasteur chef à la paroisse Matete de la 21e CNCA, dans la commune de Mangobo. Il y a également exercé comme directeur de cabinet de l’évêque président et représentant légal de la communauté, avant de devenir coordinateur sous-communautaire des écoles conventionnées protestantes de la 21e CNCA.
C’est durant cette période qu’il a poursuivi des études universitaires en droit public à l’Université de Kisangani, enrichissant ainsi son profil pastoral d’une compétence juridique appréciable pour la gestion ecclésiastique.
Une mission sous le signe de la structuration
À l’heure où le diocèse du Fleuve entame son organisation institutionnelle, la consécration de Mgr Prosper Magbhutu A-Loha apparaît comme un acte fondateur. Son expérience administrative, son ancrage local et sa formation théologique et juridique constituent des atouts majeurs pour structurer durablement cette jeune juridiction ecclésiastique.
Pour la 21e CNCA, cette consécration marque à la fois une continuité et une nouvelle étape dans son implantation dans la région du Fleuve, avec l’espoir d’un renforcement de la formation pastorale, de la consolidation des infrastructures et d’un rayonnement accru de la communauté dans les territoires concernés.
Laurent Kangisa.