En mission de sensibilisation à Kisangani dans le cadre du projet Hemodrepa, le professeur émérite Jean Lambert Gini Ehungu, co-gestionnaire dudit projet, a rencontré ce vendredi 14 novembre 2025 le recteur de l’Université de Kisangani (UNIKIS), le professeur Mathieu Kirongozi Bometa, afin de lui présenter officiellement les objectifs et les avancées de cette initiative médicale d’envergure. Le professeur Ehungu était accompagné du médecin directeur des Cliniques universitaires de Kisangani, le professeur Noël Labama.
Deux grandes séances de sensibilisation programmées
Selon le professeur Ehungu, deux sessions majeures de sensibilisation sont prévues :
Ce samedi, une rencontre sera organisée avec les parents des enfants souffrant d’hémophilie et de drépanocytose.
Lundi, ce sera au tour des médecins et du personnel soignant de prendre part à une séance d’information et d’échanges.
Ces sessions se tiendront toutes aux Cliniques universitaires de Kisangani, un cadre choisi pour faciliter la proximité avec les spécialistes et renforcer la diffusion des connaissances scientifiques actualisées.
Hémophilie et drépanocytose : deux maladies proches en apparence, différentes dans leurs causes
Le professeur Jean Lambert Gini Ehungu a insisté sur la nécessité de mieux faire connaître ces deux pathologies qui, bien que distinctes, présentent des similitudes cliniques.
« Les enfants souffrant d’hémophilie ou de drépanocytose pleurent souvent de douleurs pendant les crises. C’est l’un des points qui peuvent induire les familles en erreur si elles ne sont pas bien informées », explique-t-il.
La différence majeure réside dans l’origine des maladies :
L’hémophilie est un trouble de la coagulation dû à l’absence ou à l’insuffisance de certains facteurs indispensables pour stopper un saignement. « Lorsqu’un hémophile se blesse, il court un risque important d’hémorragie, pouvant être fatal s’il n’est pas pris en charge », souligne le professeur Ehungu.
La drépanocytose, elle, touche l’hémoglobine contenue dans les globules rouges. Au lieu de garder leur forme arrondie, ceux-ci se déforment en croissants lorsqu’ils manquent d’oxygène, bloquant la circulation sanguine et provoquant des douleurs intenses. « Les complications peuvent être graves si la maladie n’est pas correctement suivie », précise le spécialiste.
Traitements disponibles et prise en charge locale
Le professeur Ehungu rappelle que les deux pathologies peuvent être prises en charge à Kisangani :
La drépanocytose est traitée principalement par transfusions sanguines.
L’hémophilie, elle, nécessite l’administration de facteurs de coagulation, appelés parfois « facteurs plastiques ».
Cette capacité de diagnostic et de traitement sur place représente un progrès significatif pour les familles, souvent contraintes autrefois de se déplacer vers d’autres provinces pour obtenir des soins adéquats.
Le soutien du rectorat
Enrichi de ces explications scientifiques, le recteur de l’Université de Kisangani, professeur Mathieu Kirongozi Bometa, a salué l’engagement du professeur Ehungu et l’importance du projet Hemodrepa pour la ville.
Il a encouragé son extension : « Il est essentiel de multiplier les campagnes de sensibilisation afin que la population soit mieux informée et que les malades soient pris en charge à temps. »
Laurent Kangisa.