Kisangani: L’ITIE-RDC étend son champ d’action au secteur forestier, la Tshopo accueille un atelier de sensibilisation sur la transparence et la bonne gouvernance.

Laurent Kangisa

Dans le cadre de l’élargissement de son mandat au secteur forestier, l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives de la République Démocratique du Congo (ITIE-RDC) a tenu, ce vendredi 7 novembre 2025, un atelier de sensibilisation et de formation à Kisangani, dans la salle de fête de l’hôtel Le Triangle. Cette rencontre d’un jour a réuni les principaux acteurs du secteur forestier de la province de la Tshopo, notamment les exploitants forestiers (artisanaux et industriels ), les représentants de l’administration publique (administration forestière, DGRAD, DGI, DGRPT), ainsi que les membres de la société civile active dans la gestion durable des ressources naturelles.

L’objectif de cette initiative était clair : familiariser les parties prenantes avec les normes et exigences de l’ITIE, dans la perspective d’une gouvernance plus transparente, responsable et participative des ressources forestières.

Un secteur désormais intégré dans le champ d’action de l’ITIE

Selon Kas Muteba, facilitateur venu de Kinshasa et membre du Comité exécutif de l’ITIE-RDC, l’intégration du secteur forestier dans le périmètre de divulgation de l’ITIE est désormais effective.

 « À partir de l’année 2026, l’ITIE publiera son premier rapport sur le secteur forestier. Il s’agira d’un document de référence qui mettra en lumière les flux financiers, les contrats et les impacts socio-environnementaux liés à l’exploitation forestière en RDC », a-t-il déclaré.

 

Cette annonce a suscité un vif intérêt parmi les participants, traduisant la volonté collective de renforcer la transparence dans un secteur longtemps marqué par l’opacité et la mauvaise gouvernance.

Un signal fort pour la gouvernance environnementale

Présent à cette activité, le gouverneur ad intérim de la Tshopo, Ghislain Mogenya, a salué l’initiative de l’ITIE, estimant qu’elle marque « une étape majeure dans la mise en œuvre de la gouvernance environnementale en République Démocratique du Congo ».

« Grâce à cette extension, les revenus, les contrats, les pratiques et les impacts liés à l’exploitation forestière seront désormais connus, compris et débattus publiquement », a-t-il ajouté.

 

Pour le chef de l’exécutif provincial, la Tshopo, riche en forêts, biodiversité et ressources naturelles, a tout à gagner de cette transparence accrue. Cependant, il reconnaît que plusieurs défis demeurent, notamment le contrôle de l’exploitation artisanale, le manque d’informations sur les contributions sociales et environnementales des opérateurs, ainsi que la faible coordination entre acteurs institutionnels.

Renforcer les capacités et favoriser le dialogue

Au-delà de la sensibilisation, cet atelier vise également à :

1. Renforcer les capacités des acteurs publics, privés et communautaires sur les principes de transparence et de redevabilité ;

2. Promouvoir la bonne gouvernance dans la gestion des ressources forestières ;

3. Encourager un dialogue constructif entre les parties prenantes pour une gouvernance participative et durable ;

4. Préparer le terrain à la publication du premier rapport ITIE-RDC sur le secteur forestier, qui devra intégrer des données financières exhaustives et fiables, incluant impôts, taxes, redevances et autres contributions dues à l’État.

 

Des perspectives prometteuses

Pour consolider cette dynamique, les membres du Comité exécutif de l’ITIE ont annoncé l’organisation prochaine d’autres ateliers de renforcement des capacités, ciblant différents sous-secteurs des ressources naturelles. L’objectif : bâtir une culture de transparence et de responsabilité à tous les niveaux de la chaîne d’exploitation.

Laurent Kangisa.