Kisangani : une vingtaine de journalistes formés à la gestion de l’infodémie pour contrer la désinformation sanitaire.

Laurent Kangisa

Face à la recrudescence des rumeurs alarmantes sur des cas supposés d’atrophie ou de disparition de sexe ayant semé la panique et provoqué des violences mortelles à Kisangani, une vingtaine de journalistes locaux suivent depuis mardi 25 novembre 2025 une formation intensive dédiée à la gestion de l’infodémie et à la communication en santé.

Organisé par le sous-bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) / Tshopo, cet atelier de trois jours se tient dans la salle de réunion du restaurant Jucron. L’objectif : renforcer la capacité des professionnels des médias à jouer pleinement leur rôle de rempart contre la désinformation dans un contexte particulièrement sensible.

Selon le chef du sous-bureau de l’OMS Tshopo, Dr Willy Kowengbia Vicko, cette session vise à « outiller les journalistes afin qu’ils puissent mieux comprendre les données sanitaires, analyser les rumeurs, vérifier les sources, utiliser les outils numériques spécialisés et adopter une communication responsable capable d’apaiser, plutôt que d’amplifier, les inquiétudes au sein de la population ».
Il a rappelé que les médias restent un maillon essentiel dans la prévention des crises sociales alimentées par les fausses informations.

Pendant trois jours, les participants bénéficient de modules théoriques et pratiques assurés par des facilitateurs venus de Kinshasa. Ils sont notamment formés à l’analyse des dynamiques de rumeurs, à la vérification factuelle en situation d’urgence sanitaire et aux techniques de communication sensible au contexte local.

À l’issue de la formation, qui prend fin ce jeudi 27 novembre, l’OMS Tshopo ambitionne de voir émerger un réseau provincial d’éveil médiatique, une plateforme collaborative rassemblant les journalistes formés afin de détecter, analyser et contrer rapidement les rumeurs dangereuses.
Un outil que le Dr Kowengbia Vicko considère comme « indispensable pour protéger la population et restaurer la confiance dans l’information fiable ».

Laurent Kangisa