Portrait pluriel de Kisangani : un hommage littéraire et musical à la “Singa Mwambe”.

Laurent Kangisa

La ville de Kisangani continue d’inspirer artistes, historiens et amoureux de la culture. Ce samedi 6 décembre 2026, dans la grande salle de l’Alliance Française et devant un public venu nombreux, l’écrivain Joseph César Afindi Monene a procédé au vernissage de son nouvel ouvrage, Portrait pluriel de la ville de Kisangani en poèmes et chansons, publié aux Éditions L’Harmattan à Paris.

Ce livre, véritable plongée dans la mémoire artistique de la capitale de la Tshopo, se veut un répertoire des poèmes oubliés ou toujours vivants et des chansons qui célèbrent la beauté, la richesse et la complexité de Kisangani. Un hommage pluriel qui conjugue littérature et musique, tradition et modernité.

Un recueil de 30 poèmes et 18 chansons pour raconter Kisangani

 

Selon son auteur, Joseph César Afindi, Portrait pluriel rassemble 30 poèmes signés par des figures telles que Deogracias Kimenya, Jean Émile Bisokoloko, José Des Chartes Mega Mbula, Magloire Bolunda ou encore Afindi lui-même. À ces textes s’ajoutent 18 chants d’icônes de la musique congolaise : Pascal Tabu Ley, Vicky Longomba, Jeannot Bombenga, Gracias Ndongala, Grand Maître Franco Luambo, Wendo Kolosoy, ainsi que des jeunes talents comme Pis Mamba.

L’ensemble est structuré en six chapitres-thématiques, véritables portes d’entrée dans l’âme de Kisangani :

1. Kisangani paradis, ville cosmopolite, mère adoptive

2. Kisangani, un îlot aux charmantes sirènes noires

3. Kisangani, ville à la gastronomie sui generis

4. Kisangani, ville martyre, carrefour de guerres multiples

5. Kisangani, berceau du nationalisme et terre de héros et champions

6. Kisangani, pionnière du christianisme et des universités à l’orient du Congo

“À travers ces poèmes et chansons, les artistes nous invitent à découvrir les trésors cachés de Kisangani : son histoire, sa culture et son peuple”, a déclaré Simon Abunzo, président provincial de l’Union des Écrivains du Congo (UECO).

Un joyau littéraire salué par le préfacier

Le professeur Émile Bongeli, qui signe la préface de l’ouvrage, n’a pas tari d’éloges. Il décrit Portrait pluriel comme “un joyau littéraire qui fait revivre la fantastique Kisangani des artistes pluriels”. Selon lui, l’œuvre rassemble toutes les dénominations et images symboliques qui ont façonné l’identité de la ville : Kisangani Singa Mwambe, Kisangani-Malekesa, la ville aux mille et un plaisirs, le paradis terrestre, ou encore le récent Kisangani Inapita Bulaya.

Pour le préfacier, “tout a été dit sur Kisangani” dans ce livre qui réunit les œuvres de poètes, musiciens, griots, comédiens, sculpteurs, dessinateurs et scientifiques ayant célébré la ville, dans ses moments de gloire comme dans ses heures sombres, dans sa beauté comme dans ses cicatrices.

Un devoir de mémoire et de transmission

Le vernissage, empreint d’émotion et de fierté culturelle, a permis de rappeler le rôle vital de Kisangani dans l’histoire du Congo : foyer artistique majeur, carrefour du nationalisme, mais aussi ville meurtrie par des conflits successifs. C’est cette complexité que l’ouvrage d’Afindi cherche à fixer pour les générations futures.

En offrant un espace de résonance aux voix multiples qui ont chanté Kisangani, Portrait pluriel s’impose déjà comme une œuvre patrimoniale, un testament culturel pour une ville souvent célébrée mais rarement racontée dans toute sa pluralité.

Laurent Kangisa