Retard de paie en janvier 2026 : la Fondation Doudou Fwamba dénonce un “acharnement” contre le ministre des Finances.

Laurent Kangisa

La coordination nationale de la Fondation Doudou Fwamba est sortie de son silence, mardi 17 février 2026, pour répondre aux critiques visant le ministre national des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botay, par ailleurs initiateur de ladite structure.

En toile de fond : le retard observé dans le paiement des fonctionnaires et agents de l’État pour le mois de janvier 2026, qui a suscité une vague de réactions sur les réseaux sociaux et dans certains cercles politiques.

Un contexte “complexe” et “exceptionnel”

Au cours d’un point de presse tenu à Kisangani, le coordonnateur national de la fondation, Trésor Botamba Ahuka, a dénoncé des attaques qu’il qualifie d’“acharnement” et de “réactions simplistes”. Selon lui, ces critiques occultent délibérément la complexité du contexte économique et sécuritaire auquel le pays fait face.

“La gestion des finances publiques ne se fait pas en vase clos”, a-t-il martelé, insistant sur la pression budgétaire “sans précédent” que connaît actuellement l’État.

D’après la fondation, plusieurs facteurs structurels expliquent le décalage observé dans la paie. En premier lieu, la régularisation massive d’enseignants et d’agents de santé dans le cadre des politiques de gratuité de l’enseignement et de couverture santé. Une dynamique sociale saluée sur le principe, mais qui a considérablement alourdi la masse salariale de l’État.

À cela s’ajoutent des ajustements dans le secteur de la justice, ainsi qu’une augmentation sensible des dépenses sécuritaires pour soutenir l’effort national, dans un climat marqué par la persistance de la guerre dans la partie orientale du pays.

Des réformes engagées pour assainir les finances publiques

La coordination de la fondation affirme que le ministre des Finances n’est pas resté inactif face à ces défis. Elle met en avant plusieurs réformes déjà initiées pour prévenir, à l’avenir, de tels retards.

Parmi celles-ci figurent le recensement biométrique des agents publics afin d’éliminer les effectifs fictifs, l’élaboration d’une politique salariale plus cohérente et un renforcement des mécanismes de gestion des finances publiques.

Pour la fondation, ces mesures traduisent une volonté d’assainissement structurel, indispensable pour garantir, à long terme, la régularité des salaires et la soutenabilité budgétaire.

Appel à la cohésion nationale

Au-delà de la polémique, la Fondation Doudou Fwamba appelle à un sursaut collectif. Plutôt que de personnaliser le débat, elle estime que la responsabilité nationale devrait conduire les acteurs politiques et sociaux à soutenir les réformes en cours.

“L’heure est à la cohésion nationale”, a conclu la coordination, considérant que la consolidation des finances publiques constitue une condition sine qua non pour préserver la stabilité sociale et renforcer la capacité de l’État à faire face aux multiples défis qui s’imposent à lui.

Dans un contexte économique sous tension, le débat sur la gouvernance budgétaire dépasse désormais le seul cadre technique : il s’inscrit au cœur de l’équilibre politique et social du pays.

Laurent Kangisa.