Tshopo : 48 percepteurs suspendus à la DGRNFPT pour présumé coulage de plus de 83 000 dollars de recettes.

Laurent Kangisa

La Direction générale des recettes non fiscales de la province de la Tshopo (DGRNFPT) vient de prendre une mesure forte dans la lutte contre le coulage des recettes publiques. Son directeur général, André Bombondo Botate, a décidé de suspendre à titre préventif quarante-huit percepteurs accusés de détournement ou d’évasion de fonds publics.

La décision, prise le 14 mars 2026, intervient dans un contexte marqué par les critiques répétées du gouverneur de province Paulin Lendongolia sur la contre-performance de la régie financière provinciale. Les agents concernés sont soupçonnés de ne pas avoir reversé dans les comptes officiels une partie des recettes collectées entre les centres de perception et les comptes transitoires de la province.

Selon la note de suspension, ces percepteurs sont désormais mis à la disposition de l’Inspection des services afin d’établir les responsabilités et d’éclairer l’autorité provinciale sur la destination réelle des fonds disparus.

Un manque à gagner de plus de 83 000 dollars

D’après des informations internes à la régie financière, les montants non justifiés varient fortement d’un agent à l’autre. Certains percepteurs devraient répondre de sommes modestes, tandis que d’autres sont accusés de montants nettement plus élevés.

Un cas évoqué au sein de l’administration concerne un agent qui devrait justifier plus de 16 000 dollars, alors qu’un autre n’aurait à expliquer que 13 dollars. Au total, le montant des recettes à justifier dépasse les 83 000 dollars, pour une période allant de l’année 2025 au début de l’année 2026.

Des équipes mobiles chargées des taxes spontanées

Les percepteurs suspendus appartiennent aux équipes chargées de la collecte des taxes auprès des assujettis appelés « spontanés ». Ces dernières concernent les opérateurs économiques ou assujettis ne disposant pas d’adresse fixe dans la ville de Kisangani.

Chaque équipe de perception est composée de trois agents : un ordonnateur, un vérificateur et un percepteur. Sur le terrain, ils sont équipés d’un appareil électronique PWS permettant d’enregistrer les données relatives aux marchandises ou aux activités taxées.

Ces équipes sont généralement déployées dans différents points stratégiques de la ville, notamment les ports, les beachs fluviaux, les postes de contrôle et d’autres lieux de transit des marchandises. Après évaluation des biens ou marchandises de l’assujetti, les données sont encodées dans l’appareil, puis le percepteur procède à la perception de la taxe correspondante.

Tolérance zéro contre le détournement

Cependant, l’enquête interne révèle que plusieurs agents n’auraient pas reversé les montants collectés dans les comptes de la régie provinciale, auparavant la DGRPT avant son démembrement, et aujourd’hui notamment la DGRNFPT.

Pour le directeur général André Bombondo Botate, ces mesures s’inscrivent dans une politique de tolérance zéro face aux pratiques de détournement et de coulage des recettes publiques.

Selon lui, cette opération de contrôle ne constitue qu’une première étape. D’autres suspensions pourraient intervenir dans les prochains jours si les investigations révèlent de nouvelles irrégularités.

Cette démarche vise, selon la direction de la régie financière, à restaurer la discipline administrative et à renforcer la transparence dans la mobilisation des recettes provinciales, un enjeu majeur pour le développement de la province de la Tshopo.

Laurent Kangisa.