Tshopo : le gouvernement provincial mise sur la foresterie communautaire pour booster le développement local et préserver la forêt.

Laurent Kangisa

Le gouvernement provincial de la Tshopo, à travers son ministère de l’Environnement et de l’Agriculture, appelle les communautés locales à s’impliquer activement dans le processus de la foresterie communautaire. Une orientation stratégique, selon la ministre provinciale Bijou Koy, qui ouvre des perspectives prometteuses tant sur le plan du développement local que de la conservation des écosystèmes.

S’exprimant à Kisangani, ce 1er octobre 2025, lors de la 11e édition de la Table ronde multi-acteurs sur la foresterie communautaire, la ministre a défendu avec vigueur cette approche participative, à l’occasion d’un événement tenu dans la salle de réunion de la Fourchette Boyomaise, du 30 septembre au 2 octobre.

Une stratégie au service du développement durable

Pour la ministre Koy, les avantages de la foresterie communautaire ne sont plus à démontrer. Elle souligne notamment :

La valorisation des ressources locales : les communautés peuvent gérer et exploiter durablement leurs ressources forestières, avec une reconnaissance légale.

L’amélioration des conditions socio-économiques : les revenus générés par les concessions forestières communautaires peuvent transformer la vie des populations, favoriser des initiatives locales, et renforcer leur autonomie.

La conservation des écosystèmes : ce modèle de gestion contribue à la protection de la biodiversité, tout en s’attaquant à la déforestation et à la dégradation forestière.

« C’est une opportunité unique pour nos communautés de devenir des acteurs de leur propre développement tout en protégeant l’un des plus grands poumons verts du pays », a déclaré Bijou Koy.

Des défis persistants

Malgré cette vision optimiste, la ministre n’a pas éludé les obstacles qui freinent encore la mise en œuvre effective de cette politique dans la province. Deux défis majeurs sont pointés du doigt :

1. Les conflits locaux, parfois nourris par l’hostilité de certaines autorités coutumières qui contestent les droits communautaires.

2. L’instabilité politique, qui ralentit l’exécution de nombreux projets structurants.

 

« Ces défis sont réels, mais nous avons la volonté politique de les surmonter. Il s’agit de garantir que les droits des communautés soient respectés, dans un cadre pacifique et juridiquement sécurisé », a-t-elle assuré.

Des avancées concrètes

La ministre a salué les progrès déjà enregistrés par le gouvernement provincial. Plusieurs communautés ont désormais obtenu des titres de propriété forestière perpétuels, leur conférant un cadre légal de gestion autonome de leurs forêts.

Elle a également mis en avant le rôle central de la politique « Tshopo Mosala », impulsée par le gouverneur Paulin Lendongolia, comme levier d’action pour concrétiser les ambitions de la foresterie communautaire.

Des partenariats structurants pour l’avenir

Dans la dynamique de cette politique, plusieurs initiatives agricoles et économiques ont vu le jour. Parmi elles :

Le projet agricole dans le territoire de Banalia, avec la mise en culture prévue de 26 000 hectares de champs et la plantation de plus d’un million de plantules de cacao et de café à Bayangana, à seulement 10 km de Kisangani. Chaque territoire de la province pourra bénéficier de 10 hectares de ces cultures pérennes, si les communautés décident d’en faire un usage local.

Un protocole d’accord signé avec la société brésilienne Sun Set SARL, en vue de créer une joint-venture à Banalia. Deux arrêtés provinciaux ont d’ores et déjà été pris pour encadrer ce partenariat. Ce projet s’inscrit également dans le cadre de la foresterie communautaire, avec un processus en cours d’adhésion des communautés.

Un appel à l’engagement communautaire

En conclusion, la ministre a appelé à une plus grande mobilisation des communautés locales, mais aussi des partenaires techniques et financiers pour accompagner la province dans cette voie. Elle a insisté sur le fait que la foresterie communautaire représente une triple opportunité : économique, écologique et sociale.

« Il ne s’agit pas d’un programme imposé, mais d’une vision partagée qui place les communautés au cœur de la gestion de leur patrimoine forestier. Le développement durable de la Tshopo passe par là », a conclu Bijou Koy.

Laurent Kangisa.