Tshopo : Les additifs alimentaires tuent a petit feu, le professeur Osombause alerte, le député national Theuveul Lotika promet de porter ce dossier à l’assemblée nationale.

Laurent Kangisa

Au-delà de la pénurie ou de la cherté des denrées de base, c’est désormais la qualité nutritionnelle des repas quotidiens qui suscite l’alerte à Kisangani. Dans une intervention ferme et documentée, le professeur Joël Osombause Sango, secrétaire général chargé de la recherche à l’Institut Facultaire agronomique Yangambi (IFA), a dénoncé l’usage abusif et non réglementé d’additifs alimentaires dans les foyers congolais.

S’exprimant ce samedi 5 juillet 2025 lors de la séance de restitution des activités parlementaires de l’élu national de Kisangani, Theoveul Lotika, le professeur Osombause a tiré la sonnette d’alarme : « Ce que consomme la population aujourd’hui n’est pas toujours de la nourriture. C’est une chimie déguisée. »

Des cubes, des antibiotiques, et des risques mortels

Au cœur de cette dérive alimentaire, une pratique devenue banale mais dangereuse : l’usage massif de cubes comme Maggi, Ondja, ou encore d’antibiotiques intégrés dans les préparations culinaires parfois à l’insu des consommateurs, souvent sans connaissance des risques sanitaires encourus.

« Ce n’est pas uniquement une question de goût. Ces additifs contiennent des substances chimiques dont l’accumulation dans l’organisme est liée à des pathologies graves : surpoids, dérèglements hormonaux, cancers. Et personne ne contrôle leur utilisation », a souligné le professeur Osombause.

Un plaidoyer pour une législation nationale

Face à cette situation préoccupante, l’universitaire lance un appel clair aux autorités congolaises : il est temps d’encadrer l’usage des additifs alimentaires. Il recommande que le sujet soit porté au Parlement, dans l’objectif de proposer une loi nationale de régulation.

Une proposition accueillie à bras ouvert par le député national Theoveul Lotika, qui a immédiatement annoncé la mise en place prochaine d’un groupe de travail associant des experts de l’IFA Yangambi. « Ce sera ma première contribution législative à l’Assemblée nationale. Il y va de la santé de notre peuple », a-t-il déclaré.

Une urgence de santé publique ignorée

Ce cri d’alerte résonne dans un contexte où les politiques de santé publique semblent encore sous-estimer l’impact des habitudes alimentaires sur les maladies chroniques. Dans les marchés, les produits transformés bon marché et les assaisonnements chimiques prolifèrent, souvent faute d’alternatives accessibles ou d’information fiable.

La Tshopo, comme bien d’autres provinces du pays, est confrontée à une double peine : la pauvreté alimentaire et l’empoisonnement silencieux par les additifs.

Laurent Kangisa.