La coopération universitaire entre la République démocratique du Congo et la France franchit une nouvelle étape. Après la visite d’une délégation de Université de Kisangani à Université de Reims Champagne-Ardenne à la fin de l’année 2025, dans le cadre du Projet d’appui à l’enseignement supérieur (PAES), c’était au tour de la représentation diplomatique française de se rendre à Kisangani pour évaluer l’évolution de cette initiative.
Ce mercredi 4 mars 2026, l’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux, accompagné du directeur pays de Agence française de développement (AFD), Hervé Conan, ainsi que du conseiller politique de l’ambassade, a effectué une visite officielle à la Faculté des sciences de l’université de Kisangani, l’une des 7 institutions bénéficiaires de ce projet.
Un projet structurant pour l’Université de Kisangani.
Pour le point focal du projet à l’université, le secrétaire général académique, le professeur Pionus Katuala, le PAES représente une opportunité majeure pour le développement académique et scientifique de l’institution.
Selon lui, cette initiative ouvre la voie à des échanges accrus entre étudiants, chercheurs et enseignants, favorisant ainsi la circulation du savoir et des compétences.
« Ce projet est bénéfique pour l’Université de Kisangani, car il permettra non seulement le partage d’expertise mais aussi l’innovation conjointe dans plusieurs domaines scientifiques », a-t-il souligné.
Au-delà des échanges académiques, le programme prévoit également une réforme en profondeur de certains dispositifs universitaires. Il s’agit notamment de la révision et de l’innovation des maquettes de formation, de la restructuration de l’école doctorale ainsi que de la mise en place de programmes d’échanges et de recherches collaboratives.
L’université espère, à travers cette coopération, intégrer de nouvelles méthodes pédagogiques, renforcer la recherche appliquée et améliorer l’environnement scientifique afin de mieux préparer la relève académique.
Former des ingénieurs pour valoriser les ressources congolaises

Prenant la parole, l’ambassadeur Rémi Maréchaux a rappelé les objectifs stratégiques du projet, en expliquant pourquoi les sciences de l’ingénierie ont été choisies comme priorité dans cette première phase.
« Au regard de la richesse du sous-sol congolais, aujourd’hui très convoité par les puissances mondiales, il est essentiel de former des cadres congolais capables de participer pleinement à l’exploitation et à la transformation de leurs propres ressources minières », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, le projet vise à renforcer les compétences scientifiques et techniques locales afin que les Congolais puissent jouer un rôle central dans la chaîne de valeur de leurs ressources naturelles.
L’ambassadeur a également évoqué les perspectives de la seconde phase du programme, qui devrait se concentrer sur les enjeux énergétiques. Face au déficit énergétique auquel le pays est confronté, cette étape du projet devrait notamment soutenir la transition énergétique, en lien avec des projets structurants tels que la réhabilitation du complexe hydroélectrique d’Inga III.
Des investissements concrets pour la recherche
Dans le cadre du PAES, l’Université de Kisangani bénéficiera de plusieurs appuis structurants. Quatre de ses chercheurs recevront des bourses d’études pour poursuivre leur formation à l’Université de Reims Champagne-Ardenne.
Le projet prévoit également la construction et l’équipement d’un laboratoire moderne, la construction d’un bâtiment destiné à abriter l’école doctorale, ainsi que la restructuration des programmes de formation.
Pour Hervé Conan, directeur pays de l’Agence française de développement, les prochains mois seront décisifs pour la mise en œuvre du programme. Il a indiqué que la période allant de février à juin 2026 constitue une phase cruciale, durant laquelle plusieurs étapes opérationnelles doivent être engagées conformément au chronogramme établi.
Une visite symbolique sur le terrain

La visite de la délégation française s’est achevée par une descente sur le site où seront érigés les infrastructures prévues dans le cadre du projet, notamment le futur laboratoire moderne et le bâtiment de l’école doctorale.
Laurent Kangisa