ESURS-IT: L’évaluation à mi-parcours du système Lmd, une participation active de l’université de Kisangani.

Laurent Kangisa

Le système Licence-Master-Doctorat (LMD), quatre ans après son lancement officiel en 2021 en République Démocratique du Congo, a fait l’objet d’une évaluation nationale ce jeudi 28 août 2025 à Kinshasa. Une rencontre stratégique, organisée à l’Institut National des Arts (INA), sous l’impulsion du ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique (ESURS-IT), qui a réuni les chefs d’établissement de toutes les provinces du pays.

Parmi les figures marquantes de ces assises, le professeur ordinaire Mathieu Kirongozi Bometa, recteur de l’Université de Kisangani et président de la conférence provinciale des chefs d’établissements de l’ESU dans la Tshopo, a pris une part active aux discussions. Il s’agit de sa première participation à une telle rencontre nationale en cette double qualité, une opportunité qu’il a mise à profit pour faire entendre la voix des institutions de sa province.

Un regard lucide sur une réforme encore inachevée

Comme la majorité des participants, le professeur Kirongozi a dressé un constat clair : l’implémentation du système LMD en RDC, initiée lors des États Généraux de Lubumbashi en 2021, demeure incomplète et semée d’embûches. Parmi les défis évoqués : l’insuffisance des infrastructures adaptées, le déficit de personnel académique formé aux exigences du LMD, le manque de financement stable, et la lenteur dans l’adoption des nouvelles approches pédagogiques.

La question d’une gouvernance universitaire plus transparente, efficace et responsable a également été au cœur des discussions. Les participants ont souligné que des réformes structurelles s’imposent, notamment pour lutter contre la gestion aléatoire de certains établissements qui freine l’évolution du système.

Confiance mesurée, mais engagement total

Malgré ce tableau contrasté, les participants sont confiants quant à l’avenir de l’enseignement supérieur congolais. Selon eux, le pays dispose des ressources intellectuelles et humaines nécessaires pour relever ces défis et aligner son système éducatif sur les standards internationaux.

Un plaidoyer pour la Tshopo

Présent à Kinshasa en tant que président de la conférence des chefs d’établissement de la Tshopo, le professeur Kirongozi était accompagné de deux autres figures académiques de la province : le professeur Dr Salomon Batina Agasa, directeur général de l’ISTM-Kisangani, et le professeur Jacques Riverain Lofemba, directeur général de l’ISP-Kisangani. Ensemble, ils ont porté les préoccupations spécifiques des établissements de la Tshopo, où les réalités infrastructurelles et logistiques restent particulièrement difficiles.

Un tournant à ne pas manquer

En définitive, cette rencontre nationale a permis de faire le point sur les avancées et les limites du système LMD en RDC. Le professeur Kirongozi et ses pairs ont rappelé que si cette réforme structurelle doit réussir, elle nécessitera un engagement politique fort, des investissements ciblés et une volonté réelle de moderniser l’enseignement supérieur.

Un message clair que les autorités devront entendre si elles souhaitent que la réforme LMD ne reste pas lettre morte, mais bien un levier de transformation du paysage académique congolais.

Laurent Kangisa.