Kasaï Oriental : Les bakuanga défient la MIBA de présenter l’acte de vente par lequel ils lui auraient cédé leurs terres et demandent au président Tshisekedi de convoquer une table ronde

Laurent Kangisa

 

 

Les peuples autochtones bakwanga ont organisé, ce jeudi un sit-in devant la direction générale de la minière de bakwanga (MIBA), à Mbuji Mayi, pour dénoncer le conflit foncier qui les oppose à l’entreprise Minière. La manifestation coordonné par M.Samy Muamba , l’un des chefs bakwanga, a réuni plusieurs autorités coutumières Venues exprimer leur mécontentement face à ce qu’elles considèrent comme une occupation injustifiée de leurs terres ancestrales. Au cours de cette mobilisation, les chefs coutumiers ont rejeté les accusations de la MIBA, qui les qualifie de spoliateurs de ses concessions. Selon eux, c’est plutôt l’entreprise qui occupe leurs terres sans être en mesure de prouver qu’elles lui ont été largement cédées. Ils ont ainsi lancé un défi à la société Minière en lui demandant de produire l’acte de vente par lequel les bakwanga lui avaient vendu ces terres. Les intervenants ont rappelé que les accords conclus avec leurs ancêtres prévoyaient notamment la restitution des terres après l’exploitation. Ils affirment qu’après plus d’un siècle d’activités Minières, la MIBA n’a jamais rétrocédé les espaces exploités.Ils soutiennent également que l’entreprise s’était engagée à céder le site de Bodine 1 aux autochtones , à favoriser leur recrutement et à leur accorder une part de retombés de la production , des engagements qui, selon eux, n’ont jamais été honorés. Les autorités coutumières ont également défendu les opérations de lotissement entreprises sur certains terrains non exploités . Elles estiment que ces espaces, laissés à l’abandon et envahis par la broussaille en plein centre-ville , sont devenus foyers d’insécurité où opèrent les criminels auteurs de vols, d’agressions et d’autres actes de violence. Pour elles, le lotissement constitue une solution pour sécuriser ces zones , favoriser leur urbanisation et améliorer le cadre de vie des habitants. Les bakuanga demandent au président de la république Félix Tshisekedi Tshilombo, de convoquer une table ronde entre la MIBA et les représentants des peuples autochtones afin que chaque partie présente ses preuves et que le différend foncier soit examiné dans un cadre de dialogue. Cette manifestation est la deuxième organisée par les peuples autochtones de bakwanga depuis la suspension du lotissement de site communément appelé « *Pelouse »*, situé dans la cité MIBA , le long de l’avenue Fachi , dans la commune de la Kanshi , ville de Mbuji Mayi. Ils sied de vous rappeler que, par l’arrêté signé le 15 juillet 2026, le gouverneur du Kasaï Oriental, Jean Paul Mbwebwa Kapo, avait autorisé les autochtones bakwanga à procéder au lotissement de ce Site. A la suite de cette décision, plusieurs parcelles avaient été délimitées , vendues et certains acquéreurs avaient déjà commencé les travaux de construction. Par la suite, le Directeur général de la MIBA , André Kabanda , a saisi les autorités nationales à travers une correspondance à laquelle il dénonçait une prétendue spoliation des concessions de l’entreprise par les bakwanga. A la suite de cette démarche, le gouverneur de province a signé un nouvel arrêté suspendant les opérations de lotissement sur le site concerné. À travers ce deuxième sit-in, les peuples autochtones bakwanga réaffirment leur volonté de voir ce conflit foncier trouver une solution par le dialogue, tout en invitant la MIBA à produire les documents qui, selon elle, justifient ses droits sur les terres aujourd’hui contestées.

Antoine Kamande