À Kisangani, dans la province de la Tshopo, le commerce de seconde main, communément appelé « Bwaka Nzoto », prend de l’ampleur depuis plusieurs années. Vêtements, chaussures et articles ménagers usagés y sont revendus à des prix abordables, attirant une clientèle en quête de solutions économiques. Mais cette activité expose également les vendeuses à des difficultés liées notamment à la provenance de certains biens.
À Kisangani, le « Bwaka Nzoto » s’impose progressivement dans le paysage commercial, particulièrement au sein des petits marchés périphériques. Cette activité consiste à acheter auprès des ménages des vêtements, des chaussures et divers articles ménagers usagés, avant de les revendre sur les étals des marchés.
Le système d’approvisionnement repose essentiellement sur deux mécanismes. Certaines vendeuses se déplacent de maison en maison à la recherche d’objets dont les propriétaires souhaitent se débarrasser. D’autres reçoivent directement les particuliers qui viennent leur proposer des biens qu’ils n’utilisent plus ou dont ils n’ont plus besoin.
Une fois acquis, ces articles sont exposés sur les marchés, où ils trouvent une nouvelle clientèle. D’autres vendeuses choisissent de commercialiser leurs marchandises à l’intérieur de la province de la Tshopo, élargissant ainsi les circuits de vente de ces produits de seconde main.
Des prix accessibles pour une clientèle diversifiée
Parmi les lieux où cette activité est visible figure un marché situé à proximité du bâtiment abritant le parquet général à Kisangani. On y retrouve des vendeuses qui exposent différents articles usagés, dans l’espoir de répondre aux besoins des consommateurs disposant de moyens financiers limités.
Selon l’une de ces commerçantes, l’accessibilité des prix constitue l’un des principaux facteurs qui poussent plusieurs personnes à se tourner vers leurs produits.
Dans un contexte où les dépenses quotidiennes pèsent sur le budget de nombreux ménages, l’achat d’articles de seconde main représente une possibilité de se procurer des vêtements, des chaussures ou des ustensiles ménagers sans nécessairement recourir aux produits neufs.
Au-delà de la satisfaction des besoins des consommateurs, cette activité permet également aux vendeuses de générer des revenus grâce à la collecte et à la revente des biens usagés.
La provenance des articles, une difficulté pour les vendeuses
Si le commerce de « Bwaka Nzoto » offre des possibilités économiques, il n’est toutefois pas exempt de difficultés.
L’une des vendeuses interrogées déplore notamment les problèmes auxquels elles peuvent être confrontées lorsqu’elles achètent des articles qui se révèlent par la suite être des biens volés. Elle affirme ne pas toujours connaître l’origine des produits qui leur sont proposés.
Cette situation met en évidence les risques liés à l’achat de biens d’occasion lorsque leur provenance n’est pas clairement établie. Pour les commerçantes, la difficulté consiste à distinguer les objets dont les propriétaires souhaitent légitimement se séparer de ceux qui pourraient provenir d’activités illicites.
La vérification de l’origine des articles apparaît ainsi comme un enjeu important pour la poursuite de cette activité commerciale et pour la protection des vendeuses contre d’éventuelles conséquences judiciaires.
Un commerce entre opportunités et vigilance
À Kisangani, le développement du « Bwaka Nzoto » illustre l’existence d’un circuit commercial fondé sur la réutilisation des biens et la recherche de produits à moindre coût. En donnant une seconde vie aux vêtements, aux chaussures et aux articles ménagers, cette activité répond à une demande tout en offrant une source de revenus à certaines commerçantes.
Toutefois, sa pérennité dépend aussi de la capacité des acteurs concernés à prévenir la commercialisation de biens d’origine douteuse. Une plus grande vigilance lors des achats pourrait contribuer à limiter les risques et à renforcer la confiance entre vendeuses, fournisseurs et clients.
Laurent Kangisa