Esursi: Marie-Thérèse Sombo à Kisangani pour mobiliser le monde scientifique autour de l’évaluation de la Constitution de 2006.

Laurent Kangisa

Après avoir donné le coup d’envoi du colloque scientifique national consacré à l’évaluation de la Constitution du 18 février 2006 à Lubumbashi, la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations technologiques (ESURSI), la professeure Marie-Thérèse Sombo Ayanne Mukuna, est arrivée ce jeudi 11 juin 2026 à Kisangani pour poursuivre la sensibilisation autour de ces assises nationales et en préciser les objectifs auprès de la communauté universitaire de la Tshopo.

Face aux enseignants, chercheurs et responsables académiques réunis à l’Université de Kisangani, la ministre a souligné que cette initiative s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Grand Chancelier des universités et instituts supérieurs, qui appelle les Congolais à mener une réflexion sereine et approfondie sur l’évolution de la Loi fondamentale.

Selon Marie-Thérèse Sombo, vingt ans après l’adoption de la Constitution de 2006, une évaluation scientifique et démocratique apparaît non seulement légitime, mais également nécessaire au regard des profondes mutations que connaît la République démocratique du Congo.

« Vingt ans après son adoption, il est légitime, dans une démarche démocratique et scientifique, d’évaluer les forces, les faiblesses, les limites ainsi que les perspectives d’amélioration de cette Constitution au regard des mutations politiques, économiques, technologiques, sécuritaires et sociétales auxquelles la RDC est confrontée », a-t-elle déclaré.

L’université appelée à jouer pleinement son rôle

La ministre a rappelé que l’université, à travers sa troisième mission consistant à rendre service à la communauté, ne peut rester en marge des grands débats qui engagent l’avenir de la nation.

« L’université doit éclairer la société, orienter les décideurs et contribuer à la consolidation de l’État », a-t-elle insisté, soulignant l’importance de la contribution scientifique dans l’élaboration des politiques publiques.

Pour le ministère de l’ESURSI, les attentes sont claires : obtenir des analyses rigoureuses, des propositions objectives et des recommandations fondées sur la science, l’expérience et une connaissance approfondie des réalités nationales.

Une réflexion multidisciplinaire pour l’avenir du pays

Marie-Thérèse Sombo a également lancé un appel à la mobilisation de toutes les disciplines scientifiques afin d’enrichir le débat constitutionnel.

« Nous avons besoin des juristes pour examiner l’équilibre institutionnel et l’organisation de l’État. Nous avons besoin des économistes pour analyser l’impact des choix constitutionnels sur le développement, l’industrialisation et la gestion de nos ressources stratégiques », a-t-elle expliqué.

La ministre a également sollicité l’expertise des sociologues, historiens et politologues afin de mieux appréhender les dynamiques sociales, les enjeux de cohésion nationale et les aspirations profondes du peuple congolais.

Les scientifiques, ingénieurs et spécialistes du numérique sont eux aussi appelés à contribuer à la réflexion, notamment sur la place de l’innovation, de la technologie et de la compétitivité dans la construction de l’État de demain.

Renforcer la démocratie et la cohésion nationale

Au terme de son intervention, la ministre a exprimé le souhait que les conclusions issues de ce colloque national participent au renforcement de la démocratie, de la stabilité institutionnelle et de l’unité nationale.

« Nous formulons le vœu que les réflexions qui seront issues de ce colloque contribuent à renforcer notre démocratie, notre cohésion nationale et notre volonté commune de bâtir un Congo plus fort, plus stable et plus prospère », a-t-elle conclu.

Les universitaires saluent l’initiative

Prenant la parole avant la ministre, le président de la Conférence des chefs d’établissements de la province de la Tshopo et recteur de l’Université de Kisangani, le professeur Mathieu Kirongozi Bometa, a salué l’initiative du gouvernement congolais.

Dans son mot de bienvenue, il a remercié le ministère de l’ESURSI pour avoir associé le monde scientifique à cette réflexion nationale sur l’avenir institutionnel du pays, estimant que l’expertise universitaire constitue un levier essentiel pour éclairer les choix stratégiques de la République.

Laurent Kangisa.