RDC : Les notables de la Tshopo montent au créneau pour défendre la ministre Marie-Thérèse Sombo Ayane.

Laurent Kangisa

Face aux menaces de départ qui pèsent sur la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations technologiques, les notables de la Tshopo appellent à l’apaisement et sollicitent l’intervention du chef de l’État pour une issue consensuelle.

Le corps des notables de la Tshopo est sorti de son silence. Dans un contexte marqué par les pressions politiques autour de l’avenir gouvernemental de la professeure Marie-Thérèse Sombo Ayane, ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations technologiques (ESURSI), cette structure représentative de la province a publiquement exprimé son soutien à celle qu’elle considère comme une fille de la Tshopo.

Dans une déclaration rendue publique ce jeudi à la place des Martyrs, à Kisangani, et lue devant la presse par Maître Joseph Tofendo, le corps des notables a plaidé pour une gestion apaisée du dossier impliquant la ministre, dans un contexte national particulièrement sensible.

Tout en reconnaissant le rôle fondamental des institutions de la République dans le fonctionnement démocratique, ainsi que les prérogatives constitutionnelles de l’Assemblée nationale, notamment en matière de contrôle de l’action gouvernementale, les notables de la Tshopo estiment que le moment choisi pour réclamer le départ de Marie-Thérèse Sombo Ayane n’est pas opportun.

Pour cette structure, les enjeux politiques actuels imposent davantage de prudence et de responsabilité afin d’éviter que cette situation ne vienne fragiliser davantage la cohésion nationale.

Un appel solennel au chef de l’État

Au-delà de leur prise de position, les notables de la Tshopo se tournent directement vers le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’ils présentent comme le garant de l’unité nationale.

Ils lui demandent humblement et respectueusement de faire usage de ses prérogatives constitutionnelles et politiques afin de favoriser un dénouement apaisé de ce dossier.

Cet appel intervient dans un climat sécuritaire particulièrement préoccupant pour le pays. À ce sujet, le corps des notables rappelle que la sagesse politique recommande d’éviter les attitudes, les faits et les initiatives susceptibles de porter atteinte à la cohésion nationale.

Une démarche qui se veut responsable

Les notables tiennent toutefois à préciser que leur intervention ne constitue nullement une remise en cause des compétences des institutions de la République. Ils affirment ne pas vouloir se substituer aux instances légalement établies, mais simplement faire entendre leurs préoccupations et réaffirmer leur attachement aux principes constitutionnels qui fondent la République démocratique du Congo.

À travers cette sortie médiatique, le corps des notables de la Tshopo entend ainsi faire entendre la voix de la province dans un débat aux ramifications politiques nationales.

Laurent Kangisa