Face aux appels au départ de la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, les organisations membres du Collectif des femmes de la Tshopo interpellent le président Félix-Antoine Tshisekedi et demandent que toute éventuelle contestation soit traitée dans le strict respect des procédures légales.
Les organisations membres du Collectif des femmes de la Tshopo montent au créneau en faveur de la professeure Marie-Thérèse Sombo Ayane Mukuna, ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations technologiques (ESURSI), au sein du gouvernement dirigé par Judith Suminwa. Dans un message adressé au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le mardi 27 octobre 2026, elles plaident pour la protection institutionnelle de la ministre face aux informations faisant état de son éventuel départ du gouvernement, sur fond de demandes exprimées à l’Assemblée nationale.
Dans cette correspondance, les organisations féminines font part de leur préoccupation face aux informations circulant dans l’opinion publique au sujet d’une prétendue révocation ou destitution de la ministre. Elles estiment que toute démarche susceptible d’affecter l’exercice de ses fonctions doit s’inscrire dans le respect des institutions républicaines et des procédures prévues par la loi.
Pour ces organisations, la situation de Marie-Thérèse Sombo mérite une attention particulière, notamment au regard des réformes qu’elle entend poursuivre à la tête de ce ministère stratégique. Elles craignent qu’un éventuel départ de la ministre ne compromette les efforts déjà engagés dans le secteur de l’enseignement supérieur et universitaire.
La place des femmes dans les sphères de décision en question
Au-delà du cas de la ministre de l’ESURSI, le Collectif des femmes de la Tshopo inscrit sa démarche dans le combat pour la participation effective des femmes à la gestion des affaires publiques.
Les signataires considèrent que la présence des femmes aux postes de haute responsabilité constitue un pilier essentiel de la démocratie et du développement national. À leurs yeux, les femmes nommées aux fonctions publiques doivent pouvoir exercer leurs responsabilités dans un environnement respectueux des lois, des institutions et des principes de bonne gouvernance, à l’abri des pressions, des intimidations et de toute forme d’acharnement politique.
Le collectif estime également qu’un éventuel départ de Marie-Thérèse Sombo pourrait fragiliser, selon son appréciation, les efforts de promotion de la masculinité positive, une approche soutenue par le président de la République, que les organisations présentent comme un engagement important en faveur de l’égalité et de la participation des femmes.
À travers cette prise de position, les organisations féminines entendent ainsi attirer l’attention du chef de l’État sur la nécessité de préserver les acquis liés à la représentation des femmes dans les institutions publiques.
Quatre attentes adressées au chef de l’État
Dans leur message, les organisations membres du Collectif des femmes de la Tshopo formulent plusieurs demandes à l’endroit du président de la République.
Elles sollicitent, premièrement, la garantie du respect des institutions républicaines et des procédures légales dans toute démarche susceptible d’affecter les fonctions de la ministre de l’ESURSI.
Deuxièmement, elles appellent à la protection institutionnelle de Marie-Thérèse Sombo contre toute pression, intimidation ou tentative de déstabilisation injustifiée, si de tels actes venaient à être établis.
Troisièmement, elles demandent que soit préservé un climat de travail serein et responsable au sein du secteur de l’enseignement supérieur et universitaire, afin de permettre la poursuite des réformes et des missions de service public.
Enfin, elles invitent le chef de l’État à préserver la place des femmes dans les sphères de décision, en veillant à ce que leur accès aux hautes fonctions publiques s’accompagne des garanties nécessaires à l’exercice effectif et digne de leurs responsabilités.
Le contrôle démocratique n’est pas remis en cause
Soucieuses de clarifier le sens de leur démarche, les organisations membres du collectif précisent que leur plaidoyer ne vise nullement à soustraire la ministre au contrôle démocratique, à la critique citoyenne ou à l’obligation de rendre compte.
Elles affirment plutôt défendre le principe selon lequel toute divergence, contestation ou remise en cause de l’action d’une autorité publique doit être traitée par les voies légales, dans un esprit de responsabilité, de dialogue et de respect des procédures institutionnelles.
Cette précision place leur intervention sur le terrain de la défense des garanties institutionnelles, sans exclure le principe de redevabilité auquel restent soumises les autorités publiques.
Dans un contexte marqué par les interrogations autour de l’avenir de la ministre au sein du gouvernement Suminwa, le collectif appelle ainsi à distinguer les mécanismes légaux de contrôle de toute éventuelle pression injustifiée.
Un appel à la sagesse et au respect des institutions
En conclusion, les organisations membres du Collectif des femmes de la Tshopo en appellent à la sagesse, au sens élevé des responsabilités et à l’engagement du président Félix-Antoine Tshisekedi en faveur de l’égalité des chances.
Elles souhaitent que toute situation de tension ou de contestation éventuelle soit gérée dans le strict respect des textes légaux, des droits des personnes concernées et de la stabilité des institutions républicaines.
À travers ce plaidoyer, le collectif entend défendre à la fois la participation des femmes à la gouvernance, la continuité des réformes dans l’enseignement supérieur et universitaire ainsi que le respect des mécanismes institutionnels de gestion des différends.
Laurent Kangisa