Ebola 17 en RDC : près de 190 acteurs de la riposte réunis à Kisangani pour évaluer la réponse à l’épidémie.

Laurent Kangisa

Kisangani accueille, du 29 au 31 octobre 2026, la Revue interaction (RIA) de la riposte à la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Près de 190 acteurs nationaux et provinciaux, dont des représentants des divisions provinciales de la santé et des zones de santé, prennent part à ces assises de trois jours consacrées au bilan des interventions, à l’identification des défis opérationnels et à la capitalisation des leçons apprises.

La ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, est au centre des réflexions sur la riposte contre la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Près de 190 acteurs impliqués dans la gestion de cette urgence sanitaire y sont réunis depuis ce jeudi 29 octobre, dans le cadre de la Revue interaction (RIA) de la réponse à cette épidémie.

Organisées conjointement par la Task force présidentielle Ebola 17 et le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, ces assises s’étendent sur trois jours, soit jusqu’au samedi 31 octobre 2026.

L’objectif est de passer en revue les interventions menées depuis la déclaration de l’épidémie, de documenter les meilleures pratiques, mais également de mettre en lumière les difficultés et les goulots d’étranglement qui ont marqué la mise en œuvre des activités de riposte.

Au-delà du bilan, cette rencontre entend favoriser une réflexion collective sur les ajustements stratégiques nécessaires pour améliorer l’efficacité, l’efficience et la durabilité des interventions en cours. Les participants sont ainsi appelés à identifier les approches prometteuses, relever les insuffisances constatées sur le terrain et tirer des enseignements susceptibles de consolider la réponse actuelle, tout en renforçant la préparation du pays face aux futures épidémies de maladie à virus Ebola.

Six piliers au cœur des évaluations

Les travaux de cette revue s’articulent autour de six piliers majeurs de la riposte.

Il s’agit notamment de la surveillance épidémiologique, du diagnostic de laboratoire, de la prise en charge holistique des cas, ainsi que de la prévention et du contrôle de l’infection, y compris les enterrements dignes et sécurisés.

Les échanges portent également sur la communication sur les risques, l’engagement communautaire et la socio-anthropologie, sans oublier la gouvernance de la riposte.

Ces différents axes constituent des maillons essentiels dans la gestion d’une épidémie de cette ampleur. Leur évaluation devrait permettre de mieux cerner les acquis, les faiblesses et les besoins d’amélioration à tous les niveaux de l’intervention sanitaire, du niveau national jusqu’aux structures opérationnelles dans les zones de santé.

Une épidémie qui a touché sept provinces

Pour rappel, la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en RDC a été officiellement déclarée le 15 mai 2026 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, principal foyer de l’épidémie. Cette flambée est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola.

Selon les données disponibles au 11 octobre 2026, le pays avait enregistré un cumul de 9 066 cas confirmés et 4 381 décès, soit un taux de létalité global de 48,3 %.

La province de l’Ituri demeure l’épicentre principal de cette épidémie, concentrant à elle seule 73,8 % des cas cumulés.

Au total, sept provinces sont touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Sud-Ubangi. La propagation de la maladie concerne désormais 65 zones de santé.

Des enseignements pour renforcer la riposte

Dans ce contexte épidémiologique particulièrement préoccupant, la Revue interaction de Kisangani représente une étape importante dans le processus d’apprentissage et d’amélioration de la réponse sanitaire.

Les conclusions de ces trois jours de travaux devraient permettre de dégager des recommandations opérationnelles et des orientations stratégiques pour mieux répondre aux défis persistants de l’épidémie.

L’enjeu est également de transformer les expériences acquises sur le terrain en mécanismes durables de préparation et de réponse aux urgences sanitaires, afin de renforcer les capacités du système de santé congolais face aux prochaines menaces épidémiques.

Laurent Kangisa