
L’Église de réveil du Congo (ERC), province de la Tshopo, appelle à un dialogue inclusif réunissant les Congolais, quelles que soient leurs origines, leurs appartenances politiques ou leurs convictions. Pour cette confession religieuse, le dialogue ne devrait pas être perçu comme un espace où tous doivent nécessairement penser de la même manière, mais plutôt comme un cadre permettant de se parler, de s’écouter et de rechercher ensemble des solutions aux problèmes qui divisent le pays.
Le message a été porté samedi 19 septembre 2026 à Kisangani par le président provincial de l’ERC/Tshopo, le révérend Gabriel Luzolo, lors d’une prière consacrée au dialogue, organisée dans la grande salle de l’Alliance française de Kisangani.
S’appuyant sur la conception chrétienne de la paix, le responsable religieux a rappelé que les fidèles sont appelés à apprendre à vivre avec ceux qui ne partagent pas nécessairement leurs opinions, leurs origines communautaires ou leurs appartenances politiques.
Dans ce contexte, Gabriel Luzolo considère le dialogue convoqué par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, comme une opportunité pour les Congolais de renouer le contact et de rechercher des solutions aux difficultés auxquelles le pays est confronté.
Sécurité, justice et cohésion nationale au cœur des échanges
L’évêque Gabriel Luzolo a également avancé plusieurs thématiques qui, selon lui, mériteraient d’être abordées dans le cadre de ce dialogue national.
Il cite notamment les questions sécuritaires, la justice, la cohésion nationale, le développement et la situation de la jeunesse, ainsi que toute autre préoccupation touchant directement la population congolaise.
Pour le responsable de l’ERC/Tshopo, ces discussions devraient se dérouler dans un esprit de tolérance et de respect mutuel.
«« Les parties prenantes devront accepter de se parler sans se détruire. Elles peuvent être en désaccord sans être des ennemis. Chacune des parties peut défendre ses convictions sans transformer un frère ou une sœur en adversaire à éliminer », a-t-il souligné.»
« Préserver la paix sociale et servir l’intérêt général »

S’adressant particulièrement aux acteurs politiques et aux autorités du pays, Gabriel Luzolo estime que la population congolaise attend beaucoup de ses dirigeants.
Il les appelle ainsi à considérer que l’exercice du pouvoir ne se limite pas à gouverner, mais implique également la préservation de la paix sociale et la défense de l’intérêt général.
Dans cette perspective, le responsable religieux invite les serviteurs de Dieu à jouer un rôle d’accompagnement et d’apaisement auprès des acteurs politiques.
Il les encourage notamment à promouvoir « la parole plutôt que la violence, l’écoute plutôt que l’insulte, la recherche de solutions plutôt que la confrontation permanente ».
L’Église appelée à « lier » la paix et à « délier » la haine
Revenant sur le contexte de la République démocratique du Congo, marqué notamment par les divisions et les rébellions, l’évêque Gabriel Luzolo s’est référé à l’Évangile selon saint Matthieu, chapitre 16, verset 19, pour adresser un message particulier aux hommes de Dieu.
Il les exhorte à « lier » la paix, la fraternité, l’espérance, le respect de la vie humaine, le dialogue et la réconciliation, tout en appelant à « délier » la haine, la vengeance, les violences, la division et le désespoir.
Selon lui, tout ce qui contribue à opposer les Congolais doit être combattu afin de permettre à la population de se reconnaître avant tout comme des frères et des sœurs.
«« La mission de l’Église est de lier ce qui conduit à la vie et de délier tout ce qui conduit à la destruction », a-t-il insisté.»
Une prière pour les autorités et la paix en RDC
La cérémonie s’est achevée par une prière des serviteurs de Dieu membres de l’ERC/Tshopo présents à la rencontre.
Ils ont notamment imploré la sagesse de Dieu en faveur des autorités du pays et prié pour que règnent la paix, la compréhension et la réconciliation entre les Congolais.
À travers cette démarche, l’ERC/Tshopo entend ainsi contribuer, à son niveau, à la promotion d’un climat de dialogue et de coexistence pacifique entre les différentes composantes de la société congolaise.
Laurent Kangisa