Dix ans après l’annonce de son élévation au rang de ville par décret, la cité de Tshimbulu attend toujours la concrétisation de cette décision. Face à ce qu’elles considèrent comme une inertie administrative prolongée, les structures de la société civile locale appellent à une mobilisation populaire en vue d’une marche pacifique. Objectif : exiger la matérialisation sans délai de l’érection de Tshimbulu en ville.
Dans une déclaration largement relayée sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux, ces organisations citoyennes expriment leur profonde frustration face à l’absence de publication de l’ordonnance présidentielle ainsi que la non-nomination des autorités appelées à diriger la future ville.
« Depuis la signature du décret en 2013 par l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, Tshimbulu demeure sans statut juridique clair, ni reconnaissance administrative effective. Cette situation freine son développement et marginalise ses habitants », fustige un des jeunes leaders à la tête de cette mobilisation.
Le décret gouvernemental signé à l’époque classait Tshimbulu parmi les nouvelles villes du pays, une initiative saluée à l’époque comme un levier pour accélérer la décentralisation et rapprocher l’administration des citoyens. Mais douze ans plus tard, aucune suite concrète n’a été donnée, selon les acteurs locaux.
Déterminées à se faire entendre, les structures de la société civile – épaulées par une jeunesse de plus en plus engagée – annoncent une marche citoyenne dans les jours à venir. Elles exhortent le gouvernement central à sortir de son silence et à traduire enfin en actes cette décision restée lettre morte.
« Nous ne demandons rien d’extraordinaire, simplement le respect des engagements pris par l’État. Tshimbulu mérite son statut de ville, au même titre que les autres cités retenues dans le même décret », martèle un autre organisateur.
Cette démarche intervient dans un contexte national où les questions de décentralisation et de gouvernance locale restent au cœur du débat public. Si la marche annoncée se veut pacifique, elle traduit néanmoins une exaspération grandissante face au manque de volonté politique à tous les niveaux.
Antoine Kamande Kapisha.