Le gouverneur déchu de la province de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, pourrait être réhabilité par la Cour constitutionnelle si celle-ci reste fidèle à sa propre jurisprudence. C’est l’analyse du professeur Alphonse Maindo, enseignant de science politique à l’Université de Kisangani, qui s’est exprimé sur le recours introduit par l’ancien chef de l’exécutif provincial.
Selon le professeur Maindo, le recours de M. Lendongolia, déposé devant la Cour constitutionnelle, repose sur un vice de procédure ayant entaché le processus de sa destitution. Il soutient que les députés provinciaux de la Tshopo n’auraient pas respecté le principe du contradictoire lors de l’examen de la motion de défiance du 27 octobre 2025, séance au terme de laquelle le gouverneur a été démis de ses fonctions.
« Le gouverneur n’a pas été entendu. Or, la procédure contradictoire est une exigence légale, consacrée par la loi sur les principes fondamentaux de la libre administration des provinces et par la Constitution du 18 février 2006 », explique le professeur Maindo.
Une destitution controversée
Paulin Lendongolia, alors en mission en dehors de la province, avait été accusé par les députés provinciaux de détournement des fonds publics et d’incompétence dans la gestion des affaires de la Tshopo. Ces griefs avaient conduit à l’adoption de la motion de défiance, mais sans que l’intéressé ne puisse présenter sa défense devant l’Assemblée provinciale.
Pour le professeur Maindo, cette omission constitue une violation flagrante de la loi, rendant la procédure nulle et non avenue.
Des précédents qui plaident en sa faveur
L’universitaire rappelle que deux cas similaires ont déjà été tranchés par la Cour constitutionnelle en faveur des gouverneurs concernés.
Il cite notamment :
Le gouverneur du Kasaï Central, réhabilité au début du mois de septembre 2025, une décision notifiée le 20 septembre par le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, lui permettant de reprendre ses fonctions.
Le gouverneur du Sud-Kivu, également réhabilité par la Cour constitutionnelle en mars 2023, après une destitution prononcée dans des conditions jugées similaires.
« Ces précédents montrent clairement que la Cour constitutionnelle veille à la cohérence de sa jurisprudence. Si elle reste fidèle à cette ligne, la réhabilitation de Paulin Lendongolia est plus que probable », estime le professeur Maindo.
Vers un nouveau rebondissement politique ?
Alors que la Tshopo demeure en attente d’un exécutif stable, cette éventuelle réhabilitation pourrait rebattre les cartes politiques au sein de la province. Les partisans de Paulin Lendongolia espèrent une issue favorable, tandis que ses détracteurs dénoncent toujours une gestion qu’ils jugent opaque.
Laurent Kangisa.