La question des tiques, ces parasites discrets mais potentiellement dangereux, s’invite de plus en plus dans les débats scientifiques en République démocratique du Congo. Ce jeudi 19 mars 2026, chercheurs et scientifiques de la faculté des sciences et du Centre de surveillance de la biodiversité de l’Université de Kisangani ont consacré une séance de sensibilisation à ces arthropodes et aux zoonoses qui leur sont associées.
Organisée dans la grande salle de réunion du Centre, cette rencontre visait à renforcer les connaissances de la communauté universitaire sur la diversité des tiques présentes dans la région de Kisangani, les maladies qu’elles peuvent transmettre, ainsi que les méthodes de prévention et de lutte adaptées au contexte local.
Des parasites discrets mais à surveiller
Les tiques, parasites hématophages, se nourrissent du sang de leurs hôtes. Elles vivent principalement sur la peau des animaux et, plus rarement, peuvent s’attaquer à l’homme. Leur rôle en tant que vecteurs de maladies en fait un sujet de préoccupation croissant dans le domaine de la santé publique et de la biodiversité.

Intervenant lors de cette séance, le doctorant Steve Ngoy a rappelé qu’il existe, d’un point de vue classificatoire, deux grandes catégories de tiques : les tiques dures et les tiques molles. « Les tiques dures vivent essentiellement en milieu naturel, tandis que les tiques molles se retrouvent davantage dans les habitations », a-t-il précisé.
Malgré leur présence avérée dans l’environnement local, aucun cas d’infection humaine directement attribué aux tiques n’a, à ce jour, été officiellement déclaré dans la région, selon les données présentées.
Informer pour prévenir les zoonoses
Au cœur des échanges figurait la question des zoonoses, ces maladies transmissibles de l’animal à l’homme. Les tiques peuvent en effet héberger et transmettre divers agents pathogènes, même si leur impact reste encore peu documenté à Kisangani.
Les scientifiques ont insisté sur la nécessité d’intensifier la surveillance et la recherche afin de mieux comprendre les dynamiques locales de transmission et d’anticiper d’éventuelles émergences sanitaires.
Des gestes simples pour limiter les risques
En matière de prévention, des recommandations pratiques ont été formulées, notamment à l’attention des éleveurs et des propriétaires d’animaux domestiques. Steve Ngoy préconise notamment l’inspection régulière des animaux, en particulier des chiens, et l’élimination des tiques détectées.
« Il est conseillé de retirer les tiques des animaux et de les détruire, par exemple en les brûlant, ou de recourir à des produits vétérinaires appropriés », a-t-il indiqué, soulignant l’importance d’une hygiène rigoureuse dans les environnements d’élevage et domestiques.
Une initiative soutenue par la coopération internationale
Cette activité de sensibilisation a été rendue possible grâce à l’appui du programme Vlir-UOS, partenaire de longue date dans le renforcement des capacités académiques et scientifiques à l’université de Kisangani.
À travers ce type d’initiatives, l’Université de Kisangani confirme son engagement à promouvoir la recherche appliquée et à sensibiliser les communautés aux enjeux émergents à l’interface entre santé humaine, animale et environnementale.
Par Laurent Kangisa