Le gouverneur militaire de la province de l’Ituri, le général-major Kasongo Mulumba Batoka Gaby, a ordonné la cessation immédiate des tracasseries et des perceptions illégales aux différentes barrières érigées sur les axes routiers de la province. La décision est contenue dans un télégramme officiel adressé aux autorités administratives et militaires, dans lequel le commandement des opérations hausse le ton contre les abus régulièrement dénoncés par les usagers de la route.
Cette instruction, d’application immédiate, vise à assainir le comportement des militaires et des policiers déployés aux points de contrôle. Le chef de l’exécutif provincial prévient qu’aucun écart ne sera désormais toléré. Tout militaire ou policier qui continuerait à harceler la population ou à percevoir des sommes d’argent de manière illégale sera transféré devant la justice militaire pour violation des consignes.
Pour garantir l’application effective de cette mesure, le maire de Bunia ainsi que tous les administrateurs des territoires ont été instruits de répertorier, documenter et signaler les cas de tracasseries observés dans leurs juridictions afin de permettre l’ouverture de poursuites contre les auteurs de ces pratiques.
Cette décision a été favorablement accueillie par plusieurs acteurs de la société. Ce mardi 28 juillet, l’Association des Chauffeurs du Congo (ACCO), section provinciale de l’Ituri, a salué cette initiative. Son président provincial, Bienvenue Lumeri, a toutefois recommandé la permutation des militaires affectés depuis plusieurs années sur l’axe Bunia–Mongbwalu, estimant que cette mesure renforcerait l’efficacité de la décision du gouverneur.
Dans le territoire de Mahagi, la sous-coordination de la Société civile de la chefferie de Djukoth s’est également félicitée de cette volonté des autorités de mettre fin aux tracasseries. Elle salue notamment la suspension du chef d’antenne du groupement de Pamitu Amee, soupçonné d’être impliqué dans des pratiques de perception illégale aux côtés d’un capitaine des FARDC basé à Amee. Selon la Société civile, il aurait perçu chaque week-end entre 90 000 et 120 000 shillings ougandais, soit près de 40 dollars américains, au détriment d’une population déjà fortement éprouvée par les effets de la guerre.
À travers cette série de mesures, les autorités provinciales entendent mettre fin aux pratiques de harcèlement sur les routes, faciliter la libre circulation des personnes et des biens, et restaurer la confiance entre les forces de sécurité et la population.
David Ngity.