Kisangani : les jeunes Kumu s’opposent à l’érection de leur secteur en commune rurale.

Laurent Kangisa

Les jeunes de la communauté Kumu de Kisangani rejettent la proposition visant à ériger leur secteur en commune rurale. Ils redoutent notamment une fragilisation de leur cohésion sociale, la perte de leurs repères culturels et une remise en cause de la gestion de leurs terres coutumières.

Les jeunes de la communauté Kumu de Kisangani ont exprimé leur opposition à la proposition d’érection de leur secteur en commune rurale. Leur position a été rendue publique dans un mémorandum adopté à l’issue d’une réunion tenue samedi 12 septembre 2026 dans une salle de la plage située sur la rive droite de la rivière Tshopo.

Dans ce document, les signataires estiment que la transformation de leur entité administrative pourrait avoir des conséquences importantes sur l’organisation et l’identité de la communauté Kumu.

Ils craignent notamment une perte progressive de leurs valeurs culturelles, un affaiblissement de la cohésion sociale, ainsi qu’une remise en cause de leur identité territoriale. Les jeunes redoutent également la disparition ou la fragilisation des structures coutumières et une perte de contrôle sur la gestion des terres relevant de la coutume.

« L’union de tous les Kumu constitue notre force »

Face à ces inquiétudes, les jeunes Kumu réaffirment leur attachement à l’unité de leur communauté, au-delà des frontières administratives entre les différentes provinces où vivent les membres de ce peuple.

« Seule l’union de tous peut constituer la force pour défendre les intérêts du peuple Kumu », a déclaré Roger Salumu Kitoko, président des jeunes Kumu.

Pour cette structure, les enjeux liés à l’avenir de leur secteur dépassent donc le seul cadre administratif. Ils touchent, selon eux, à la préservation de l’identité, de la culture et des droits coutumiers de la communauté.

Des accusations de discrimination au sein de la province

Dans leur mémorandum, les jeunes Kumu abordent également la question de leur représentation au sein des institutions provinciales de la Tshopo.

Ils dénoncent ce qu’ils qualifient de discrimination et d’exclusion dont leur communauté serait victime dans les organes de gestion de la province. Selon eux, aucun membre de la communauté Kumu n’occupe actuellement de poste de responsabilité au sein du gouvernement provincial, ni dans certaines directions ou certains services jugés stratégiques.

Une situation que ces jeunes considèrent comme paradoxale au regard, soulignent-ils, des compétences disponibles au sein de leur communauté et de ce qu’ils présentent comme leur statut de premiers occupants de la ville de Kisangani.

Un appel à l’écoute de l’autorité provinciale

Les jeunes Kumu appellent ainsi les autorités provinciales à prendre en considération leurs préoccupations et à privilégier le dialogue autour de la question de l’avenir administratif de leur entité.

Pour Roger Salumu Kitoko, la stabilité et le développement de la Tshopo passent nécessairement par la prise en compte de toutes ses composantes.

« La force d’une province réside dans l’unité et le respect de toutes les composantes », a-t-il insisté.

Les jeunes de la communauté Kumu disent désormais espérer que l’autorité provinciale prêtera une oreille attentive à leurs revendications et ouvrira un espace de dialogue sur les questions soulevées dans leur mémorandum.

Laurent Kangisa.