Tshopo : les acteurs de la foresterie communautaire plaident pour une refonte de la stratégie nationale adoptée en 2018.

Laurent Kangisa

Les principales parties prenantes de la foresterie communautaire dans la province de la Tshopo ont procédé, jeudi 9 juillet, à l’évaluation de la Stratégie nationale de la foresterie communautaire, adoptée en 2018. Organisée dans le cadre du processus de révision de ce document stratégique, cette rencontre a permis aux représentants des services étatiques, de la société civile, du monde académique et des organisations partenaires de formuler plusieurs recommandations destinées à renforcer la gouvernance communautaire des forêts en République démocratique du Congo.

Adoptée en 2018, la Stratégie nationale de la foresterie communautaire ambitionne de faire des communautés locales et des peuples autochtones des acteurs centraux de la gouvernance locale des ressources forestières, en leur garantissant des droits reconnus et en contribuant à l’amélioration durable de leurs conditions de vie.

Selon les participants, cette stratégie devait faire l’objet d’une évaluation cinq ans après son adoption. Cependant, huit années se sont écoulées sans qu’une évaluation globale ne soit réalisée. Seules deux évaluations partielles, limitées au volet juridique, ont été conduites durant cette période.

Au terme des échanges, les participants ont insisté sur la nécessité de revisiter la vision de la stratégie nationale afin d’y intégrer de nouveaux défis, notamment la résilience des communautés locales face aux effets du changement climatique. Ils estiment que cette dimension est désormais incontournable pour assurer une gestion durable des forêts communautaires.

Les parties prenantes ont également identifié plusieurs actions prioritaires à intégrer dans la prochaine version de la stratégie. Elles préconisent notamment un renforcement de la dimension socio-économique à travers la promotion de l’entrepreneuriat local, l’analyse et le développement des marchés ainsi que la mobilisation des investissements en faveur des concessions forestières des communautés locales.

Sur le plan institutionnel, les participants recommandent à l’État congolais de mobiliser davantage de ressources en allouant des budgets conséquents et en mettant à disposition un personnel qualifié pour accompagner la mise en œuvre de la stratégie. Ils plaident également pour une réduction de la dépendance vis-à-vis des partenaires techniques et financiers, en privilégiant un financement national, notamment à travers les fonds congolais.

Par ailleurs, les acteurs réunis à Kisangani ont proposé la mise en place d’un niveau de référence permettant de mesurer les progrès réalisés et de faciliter les évaluations futures selon une périodicité clairement définie.

À en croire le directeur pays de Tropenbos RDC, la Direction nationale de la foresterie procédera prochainement au recrutement d’un consultant national indépendant chargé de conduire le processus de révision de la stratégie. Les recommandations issues des consultations provinciales, dont celles formulées à Kisangani, seront intégrées aux travaux du consultant afin d’alimenter la version actualisée de la Stratégie nationale de la foresterie communautaire.

Cet atelier était organisé par l’ONG Tropenbos RDC en partenariat avec WRI dans le cadre du projet foundations for the next-generation community forestry in the Congo Basin.

Laurent Kangisa.