
L’Université de Kisangani (UNIKIS) renforce son dispositif de lutte contre le plagiat dans la production scientifique. Désormais, tout travail scientifique réalisé au sein de l’établissement devra obligatoirement être soumis à un logiciel de détection de plagiat avant toute validation.
Cette annonce a été faite ce vendredi 24 juillet 2026 par le recteur de l’Université de Kisangani, le professeur Mathieu Kirongozi Bometa, lors d’une rencontre avec les apprenants du troisième cycle réunis à l’amphithéâtre de l’UNIKIS.
Selon le recteur, cette mesure vise à améliorer la qualité des productions scientifiques en combattant efficacement les pratiques de tricherie, notamment le copier-coller et l’appropriation indue des travaux d’autres chercheurs.
Les premiers résultats du contrôle anti-plagiat se révèlent préoccupants. Sur les 50 premiers travaux de Diplôme d’études supérieures (DES) soumis à la vérification, seuls quatre respectent le seuil maximal de 25 % de similitude, considéré comme tolérable. En revanche, 46 travaux dépassent largement cette limite.
« Que dire alors des plus de 300 travaux restants ? », s’est interrogé le professeur Mathieu Kirongozi Bometa, soulignant l’ampleur du défi auquel l’université est confrontée.

Face à cette situation, le comité de gestion de l’Université de Kisangani a opté pour une approche pédagogique plutôt que punitive. Les candidats concernés ne seront pas empêchés de défendre leurs travaux. Toutefois, ils auront l’obligation d’intégrer toutes les corrections nécessaires afin de ramener leur taux de similitude au seuil réglementaire de 25 %. Ce n’est qu’après cette mise en conformité que les diplômés pourront obtenir leur diplôme de DES.
Au cours de la même communication, le recteur a également annoncé une prolongation exceptionnelle du calendrier académique accordée par le ministère de tutelle. La date limite de dépôt des travaux de DES est désormais fixée au 15 septembre 2026, tandis que les soutenances pourront se tenir jusqu’au 30 septembre 2026.
Autre changement important : les autorisations de soutenance de thèse ne relèveront plus des facultés. Désormais, seul le Secrétaire général chargé de la recherche est habilité à délivrer le feu vert pour l’organisation des soutenances.
À ce jour, l’Université de Kisangani a déjà enregistré plus de 350 travaux de DES et de DEA. L’établissement accueille également des apprenants issus de plusieurs autres universités publiques de la République démocratique du Congo, notamment l’Université Officielle de Mbuji-Mayi, l’Université de Kindu, l’Université de Bunia et l’Université de Goma.
Laurent Kangisa.