La riposte contre la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola s’intensifie en province de l’Ituri depuis sa déclaration officielle la semaine dernière. Autorités sanitaires, agences humanitaires et organisations locales multiplient les interventions pour tenter de contenir la propagation de la maladie dans plusieurs zones touchées.
Dans le cadre de cette mobilisation, la MONUSCO a déployé sa flotte aérienne afin d’appuyer les autorités congolaises ainsi que les agences des Nations Unies engagées dans la riposte. Grâce à un affrètement de l’Organisation mondiale de la Santé, près de 30 tonnes d’équipements et de matériels médicaux d’urgence ont été acheminées à Bunia en provenance de Kinshasa et de Nairobi.
Selon Jean Tobi Okala, chef de l’information publique de la mission onusienne, cette opération illustre l’importance de l’appui logistique apporté à la lutte contre l’épidémie.
À Mongbwalu, l’un des principaux foyers de l’épidémie, une trentaine de volontaires secouristes de la Croix-Rouge suivent depuis mardi une formation sur les techniques d’inhumation digne et sécurisée des personnes décédées présentant des symptômes liés à Ebola. Le docteur Serge Lemy, président provincial de la Croix-Rouge en Ituri et formateur des volontaires, a indiqué qu’à l’issue de cette formation, les secouristes ont procédé mercredi à l’enterrement digne et sécurisé de cinq corps suspects d’Ebola.
Cependant, certaines voix dénoncent des insuffisances dans la prise en charge des malades. ISSAC NYAKULINDA, membre de la société civile des Bahema d’Irumu, affirme que plusieurs personnes présentant des symptômes de la maladie ne bénéficient toujours pas d’une assistance adéquate dans la zone de santé de Rwampara, également considérée comme un épicentre de l’épidémie. Il appelle les autorités sanitaires à renforcer les interventions sur le terrain afin d’éviter une aggravation de la situation.
À Bunia, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo a dénoncé le comportement de certaines écoles qui imposeraient aux élèves, y compris ceux de la maternelle, l’achat de cache-nez directement dans leurs établissements. Par la voix de David Mputu, l’organisation demande aux responsables scolaires de clarifier cette pratique jugée inappropriée par plusieurs parents.
Dans le secteur des transports, plusieurs agences renforcent également les mesures de prévention sanitaire.
L’agence MS TRANSLUX indique notamment que le port du masque et le lavage des mains sont obligatoires avant l’embarquement. L’entreprise précise également avoir réduit le nombre de passagers à bord de ses véhicules afin de limiter les risques de contamination.
Sur le plan national, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, estime que la lutte contre Ebola dans l’Est du pays reste étroitement liée à la situation sécuritaire. Lors d’un briefing presse tenu mardi dernier, il a évoqué le contexte sécuritaire dans la ville de Goma, actuellement sous contrôle des rebelles AFC/M23. Selon lui, les défis sécuritaires compliquent considérablement l’efficacité de la riposte sanitaire dans la région.
D’après les dernières données communiquées mardi soir par la Division provinciale de la santé, en collaboration avec l’administration militaire sous état de siège, le bilan provisoire fait état d’environ 130 décès suspects, près de 500 cas suspects et plus de 500 contacts actuellement suivis dans le cadre du dispositif de surveillance sanitaire renforcée.
La Rédaction.