Au lendemain de la publication du nouveau gouvernement provincial dit « Kambulu 2 », rendue publique le samedi 09 mai 2026 au Kasaï Central, plusieurs réactions d’indignation se multiplient au sein de l’opinion publique et de la société civile. En cause : le non-respect de la représentativité féminine ainsi que l’absence de certaines entités territoriales dans la nouvelle équipe gouvernementale.
La composition du gouvernement provincial dirigé par le gouverneur Joseph Moïse Kambulu suscite déjà une vague de critiques. Sur les dix ministres nommés, une seule femme figure dans cette équipe, une situation que plusieurs observateurs considèrent comme un recul en matière d’inclusion et de participation des femmes à la gestion de la chose publique.
Derrière les discours officiels prônant la gouvernance participative et l’égalité des chances, de nombreuses voix dénoncent ce qu’elles qualifient de marginalisation persistante des femmes dans les sphères de décision provinciale. Plusieurs organisations féminines estiment que cette nouvelle configuration gouvernementale traduit un manque de volonté politique en faveur de la promotion du genre.
Dans un communiqué publié quelques heures après l’annonce du remaniement gouvernemental du 09 mai 2026, la structure « Bena Dibaya » a exprimé sa profonde indignation face à l’absence totale des ressortissants du territoire de Dibaya dans le gouvernement Kambulu 2.
Son coordonnateur, Philémon Mukuna, affirme que depuis l’accession du gouverneur Joseph Moïse Kambulu à la tête de la province, le territoire de Dibaya n’a jamais bénéficié d’une visite officielle ni d’une considération particulière de la part de l’exécutif provincial.
Selon lui, cette mise à l’écart constitue une injustice à l’égard d’un territoire qui, dit-il, « a payé un lourd tribut pour l’avènement de ce pouvoir ». Il appelle ainsi le gouverneur provincial à « revenir à la raison » avant la cérémonie de remise et reprise des membres du gouvernement.
De son côté, Nathalie Kambala Luse, directrice pays de l’ONG FMMDI, a également exprimé sa profonde préoccupation face au déséquilibre observé dans la composition du gouvernement provincial.
Elle regrette particulièrement la faible représentativité des femmes, qu’elle juge encore plus réduite que dans le premier gouvernement Kambulu. Pour cette actrice de la société civile, cette situation compromet les efforts de promotion du leadership féminin dans les institutions publiques provinciales.
« Le pourcentage des femmes dans ce gouvernement est de plus en plus faible par rapport au gouvernement Kambulu 1 », déplore-t-elle, tout en exhortant l’exécutif provincial à veiller, lors des prochaines nominations, à intégrer davantage de femmes aux postes de prise de décision.
Alors que les réactions continuent d’affluer, plusieurs analystes estiment que cette controverse pourrait rapidement devenir un véritable test politique pour le gouverneur Joseph Moïse Kambulu, appelé à répondre aux préoccupations liées à l’équilibre géopolitique, à l’inclusion sociale et à la représentativité dans la gouvernance provinciale.
Antoine Kamande.