Isiro : commerçants et population réclament des actions urgentes contre le banditisme.

Laurent Kangisa

Les activités commerciales demeurent paralysées ce jeudi 7 mai 2026 dans la ville d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uele. Depuis mercredi, boutiques, pharmacies, maisons de transfert d’argent, comptoirs d’achat de matières premières, dépôts et magasins re
stent fermés, une situation qui fragilise davantage l’économie locale.

Selon plusieurs sources concordantes, une série de réunions s’est tenue mercredi, notamment le Conseil urbain de sécurité, suivi du Conseil provincial de sécurité élargi. Les autorités auraient tenté d’apaiser les tensions et de convaincre les opérateurs économiques de rouvrir leurs commerces, mais sans succès.

Lors de la restitution des échanges à la base, la délégation des opérateurs économiques se serait heurtée à une forte résistance des commerçants, eux-mêmes victimes de l’insécurité grandissante. Ces derniers conditionneraient la reprise des activités à l’obtention de garanties sécuritaires concrètes de la part du gouvernement pour assurer la protection des personnes et de leurs biens.

Cette suspension des activités commerciales fait suite à un incident survenu dans la nuit du lundi au mardi 5 mai 2026, aux environs de 2 heures du matin. Des hommes armés non identifiés auraient fait irruption dans la résidence d’un opérateur économique située sur la rue Boni, dans le quartier Zebuandra, où ils auraient commis des actes de pillage, selon une source ayant requis l’anonymat.
Il s’agit d’un énième cas d’insécurité signalé dans la ville, où les actes de banditisme deviennent de plus en plus récurrents.

En signe de protestation, les opérateurs économiques ont décidé de suspendre temporairement leurs activités à travers la fermeture des boutiques, alimentations, pharmacies, magasins, comptoirs et bureaux de change.
À travers ce mouvement, ils entendent obtenir du gouvernement des mesures sécuritaires efficaces, notamment la permutation de certains agents des services de sécurité jugés défaillants dans leur mission de protection des personnes et des biens, a indiqué un acteur de la société civile sous couvert d’anonymat.

De son côté, la population appelle les autorités à prendre des mesures urgentes et appropriées face à la recrudescence des actes criminels et aux interventions nocturnes jugées tardives des services de sécurité. Elle plaide également pour l’organisation d’audiences foraines afin de lutter durablement contre le banditisme urbain dans la ville.

Rédaction