La tension monte à l’Institut supérieur des Techniques Médicales de Kisangani (ISTM-Kisangani). Le directeur général de l’établissement, le Professeur Dr Salomon Batina Agasa, affiche sa détermination à poursuivre jusqu’au bout le processus de réévaluation des décisions prises par l’ancien comité de gestion concernant la nomination du personnel scientifique, administratif, technique et ouvrier, ainsi que l’examen des cas d’absences prolongées au sein de l’institution.
Cette démarche, engagée depuis le 04 mai 2026, suscite une vive opposition d’une frange du personnel scientifique et administratif. Depuis le 8 mai 2026, le comité de gestion dirigé par le Professeur Batina fait l’objet de critiques et de contestations portées par certains membres du personnel, accusés par la direction de vouloir entraver le travail de la commission mise en place pour assainir la gestion des ressources humaines de l’établissement.
Suspensions conservatoires et ouverture d’actions disciplinaires
Dans une série de décisions rendues publiques ce mardi 12 mai 2026, le directeur général a choisi de durcir le ton. Le Professeur Dr Salomon Batina Agasa a pris la décision de suspendre de manière conservatoire avec ouverture d’actions disciplinaires contre le chef de travaux Baendo Tofuli, président du personnel scientifique et membre de la commission concernée.
Sept assistants sont également frappés par cette mesure. Il s’agit de Asaloko Ngilimo, Balabala Geteti, Boulot Liguma, Lomalisa Likunda, Motuke Bangele, Yoto Djamba et Mose Kuditcho.
Selon les décisions de la direction générale, ces agents sont accusés notamment de « trouble à l’ordre institutionnel », « obstruction au fonctionnement régulier d’une commission légalement instituée », « intimidation et menaces contre les membres de la commission », ainsi que de « propos injurieux et xénophobes » visant le président de ladite commission.
Le comité de gestion leur reproche également des comportements jugés incompatibles avec l’éthique professionnelle, la discipline académique et le respect de l’ordre institutionnel.
Durant toute la période de suspension, les concernés sont interdits de tout acte d’intimidation, de menace ou de perturbation des activités administratives. Ils ne sont également pas autorisés à accéder aux lieux où se déroulent les travaux de la commission.
Une commission disciplinaire renforcée
Dans la foulée, la direction générale a procédé à la nomination de trois membres appelés à siéger au sein de la commission disciplinaire chargée d’examiner ce dossier sensible.
Il s’agit des chefs de travaux Mbuyi Luaba, Bima Mopilangase et de Madame Bwanandeke Tite.
Cette commission aura notamment pour mission d’enquêter sur les actes de perturbation signalés pendant les travaux de contrôle, de vérifier les allégations de menaces, d’intimidation et d’obstruction au fonctionnement normal de la commission, mais aussi d’identifier les responsabilités individuelles et collectives des personnes impliquées.
Les enquêteurs devront également se prononcer sur les accusations de propos injurieux et xénophobes proférés à l’encontre du président de la commission.
Deux nouveaux professeurs intégrés à la commission
Toujours ce mardi 12 mai 2026, une autre décision du directeur général est venue élargir la composition de la commission. Deux nouveaux membres ont été désignés : le Professeur Mosema Ambasu et le Professeur Yenga Bombeku.
Par la même occasion, la durée des travaux de la commission a été prolongée de quinze jours supplémentaires afin de permettre l’aboutissement des investigations engagées.
Reprise des opérations de contrôle
Au même moment, le secrétaire général à la recherche scientifique, le Professeur Mosisi Moleka Pange, a annoncé la reprise des opérations de contrôle administratif.
Dans un communiqué adressé aux assistants, il leur demande de se présenter ce mercredi 13 mai 2026 au bâtiment administratif de l’Université de Kisangani pour les opérations de vérification.
Cette opération s’inscrit dans le vaste processus de restructuration et de contrôle du personnel engagé par l’ancien comité de gestion.
Un effectif passé de moins de 100 à près de 847 agents
L’une des principales préoccupations de l’actuelle équipe dirigeante reste la forte augmentation des effectifs enregistrée sous l’ancien comité de gestion dirigé par le professeur Désiré Isetcha.
Selon plusieurs sources proches de l’institution, l’ISTM-Kisangani comptait moins de cent agents personnels académique, scientifique, administratif, technique et ouvrier confondus, avant l’arrivée de l’ancienne équipe dirigeante. À son départ en juillet 2025, l’établissement aurait atteint environ 847 agents.
Une croissance jugée « préoccupante » par plusieurs observateurs du fonctionnement de l’institution.
Ces derniers estiment par ailleurs que les allégations contenues dans le mémorandum récemment adressé contre le comité Batina seraient infondées. Pour eux, cette démarche viserait essentiellement à discréditer la nouvelle direction et à empêcher les travaux de contrôle en cours.
Certains observateurs dénoncent également des recrutements qui auraient été opérés sur des bases de proximité sociale, tribale, familiale ou confessionnelle, évoquant notamment des cas impliquant des proches des anciens gestionnaires, des membres de leurs familles ou encore de leur église.
Laurent Kangisa