La situation est restée tendue ce vendredi 24 avril 2026 au quartier Plateau Médical, dans la commune de Makiso à Kisangani, où une opération de déploiement des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo a suscité une vive contestation des habitants du bloc Cabine.
À l’origine de la crispation : une nouvelle tentative de redélimitation de l’espace de l’aéroport militaire de Simi Simi, près de neuf ans après une première opération menée en 2017. Cette précédente délimitation avait laissé des séquelles profondes, marquées par la destruction de nombreuses habitations, le déplacement de centaines de familles et, selon des témoignages locaux, des pertes en vies humaines.
Une intervention surprise des forces de sécurité
Selon plusieurs sources concordantes, les habitants du bloc Cabine ont été surpris, dans la matinée de vendredi, par le déploiement conjoint d’éléments de la Garde républicaine, de la 31e région militaire et de la Police nationale congolaise. Sans communication préalable, ces derniers ont procédé au bornage de la zone jusqu’à la 4e avenue, intimant aux occupants de se préparer à libérer les lieux.
D’après les forces déployées, cet espace serait destiné à accueillir un nouveau camp militaire. Une annonce qui a immédiatement provoqué la colère des habitants de ce bloc, lesquels dénoncent un manque total de concertation et craignent de revivre le traumatisme de 2017.
Manifestations et tirs de sommation
Face à cette situation, des habitants sont descendus dans la rue, érigeant des barricades pour exprimer leur refus. La mobilisation a paralysé temporairement la circulation dans ce secteur stratégique de la ville.
Pour disperser les manifestants, les forces de sécurité ont fait usage de tirs de sommation durant une grande partie de l’après-midi. Aucun bilan officiel n’a été communiqué à ce stade, mais la tension est restée palpable jusque dans la soirée.
L’intervention du député Theoveul Lotika
Saisi en urgence par ses électeurs, le député national Theoveul Lotika est rapidement monté au créneau. Dans une correspondance adressée le même jour au Vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale, l’élu de Kisangani a plaidé pour la suspension immédiate de l’opération.
Dans cette lettre, il appelle à privilégier la paix sociale dans un contexte sécuritaire déjà fragile à l’échelle nationale. « Soucieux de faire régner la paix sociale … je vous prie d’agir le plus tôt en bon père de famille, en ordonnant préventivement la surséance d’une telle décision en attendant la vérification des titres des droits des occupants », écrit-il.
Vers une commission mixte ?
Au-delà de la suspension, le député Theoveul Lotika propose la mise en place d’une commission mixte regroupant l’armée, les services fonciers et les représentants des occupants. Objectif : clarifier les droits de propriété et éviter une nouvelle crise sociale.
Laurent Kangisa