ISTM Kisangani : Le comité Batina encouragé à poursuivre l’opération de contrôle et de verification des dossiers des assistants.

Laurent Kangisa

À Institut supérieur de techniques médicales de Kisangani, le climat institutionnel demeure fortement tendu depuis le 08 mai 2026. Deux camps opposés se livrent désormais une bataille de mémorandums autour de la gestion du comité dirigé par le professeur docteur Salomon Batina.

D’un côté, un groupe de membres des différents corps de l’institution accuse les autorités académiques de mauvaise gouvernance administrative et financière. De l’autre, des agents se réclamant de la légalité et de la transparence défendent vigoureusement le comité de gestion et dénoncent une tentative de déstabilisation orchestrée contre l’établissement.

Un mémorandum accablant contre le comité de gestion

Dans un mémorandum publié le 08 mai 2026 et signé, selon ses auteurs, par 142 membres du personnel, le premier groupe formule huit griefs majeurs contre le comité de gestion de l’ISTM Kisangani.

Les signataires dénoncent notamment « l’atteinte aux principes de bonne gouvernance administrative », qu’ils estiment caractérisée par des mesures disciplinaires arbitraires, dépourvues de base légale et prises sans respect des procédures contradictoires. Ils évoquent également des pressions ayant conduit à des départs forcés d’assistants ainsi que de certains agents administratifs.

Le document fait aussi état de « pratiques administratives abusives et irrégulières », marquées notamment par des contrôles répétitifs sur les mêmes dossiers administratifs.

Sur le plan financier, les accusations sont particulièrement lourdes. Les auteurs du mémorandum parlent de manquements graves dans la gestion des finances de l’institution, citant entre autres le non-paiement de quatre mois de primes du personnel administratif ainsi que trois mois d’arriérés de l’année précédente. Ils dénoncent également le refus de paiement des frais d’encadrements de stage destinés aux sections et aux enseignants.

Le mémorandum accuse en outre le comité de gestion de détournement présumé de plus de 20 000 dollars américains liés à l’encadrement des travaux académiques ainsi que de 50 millions de francs congolais.

Les griefs portent également sur une supposée désorganisation du système académique, marquée, selon les signataires, par du favoritisme dans l’attribution des cours et des cas de duplication d’enseignement dans certaines unités.

À cela s’ajoutent des accusations d’injustice sociale, de défaillance du management administratif, ainsi que la dénonciation de la vente des syllabus aux étudiants.

Les auteurs du document critiquent enfin les « voyages incessants et improductifs » du directeur général. Selon eux, le professeur Salomon Batina aurait effectué plus de quinze voyages en seulement dix mois de gestion.

Face à cette situation, les signataires réclament notamment :

la mise en place urgente d’une mission indépendante d’inspection et d’audit ;

la restitution immédiate des documents originaux des agents ;

ainsi que la réorganisation du comité de gestion.

Un camp pro-gestion dénonce des accusations « infondées »

Un jour plus tard, soit le 09 mai 2026, un autre groupe composé de membres du personnel scientifique, administratif, technique et ouvrier a publié à son tour un mémorandum rejetant catégoriquement l’ensemble des accusations portées contre les autorités académiques.

Dans leur déclaration, ces agents affirment que la polémique intervient dans un contexte particulier marqué par une opération de contrôle et de vérification des dossiers administratifs du personnel scoentifique, initiée par le comité de gestion sur instruction de la tutelle.

Selon ce groupe, cette opération vise notamment à statuer sur les cas d’absences prolongées et à revisiter les décisions d’engagement de plusieurs centaines d’agents.

Les soutiens du comité de gestion encouragent ainsi les autorités de l’ISTM Kisangani à poursuivre l’assainissement du fichier du personnel, à lutter contre la fraude, le recrutement anarchique et tribalisé, ainsi qu’à restaurer la discipline, l’éthique professionnelle et la méritocratie au sein de l’établissement.

Polémique autour des signatures

Le camp favorable au comité de gestion remet également en cause l’authenticité des signatures figurant sur le mémorandum du 08 mai.

Selon ce groupe, près de 75 % des signatures seraient fausses. Il affirme que certains noms repris dans le document appartiendraient à des personnes décédées, notamment Kazadi Kalanga, ou à des agents absents, citant les cas de l’assistant Kalaki Kaposi et de Yalotcha.

Des accusations reprises également par l’équipe de la police universitaire de l’ISTM Kisangani, qui dénonce un « faux et usage de faux » concernant les signatures apposées sur le mémorandum contestataire. Cette structure affirme qu’aucun de ses membres n’a signé le document incriminé.

Même position du côté du Syndicat national du personnel administratif, technique et ouvrier de l’enseignement supérieur et universitaire (SYNAPAT) de cette institution, qui condamne à son tour ce qu’il qualifie de faux et usage de faux.

Le syndicat apporte son soutien au comité dirigé par le professeur Salomon Batina et encourage la poursuite du processus d’assainissement de la liste des assistants de l’institution.

Le SYNAPAT appelle par ailleurs l’ensemble du personnel administratif, technique et ouvrier à demeurer vigilant face à ce qu’il considère comme des manœuvres visant à déstabiliser l’ISTM Kisangani.

Laurent Kangisa