Après plus de trente mois passés à la prison centrale de Kisangani à la suite d’une condamnation un problème conjugal, le professeur-magistrat Jean Claude Pandatimu Big Wa Ganga a recouvré sa liberté ce vendredi 22 mai 2026.
Au lendemain de cette libération, soit ce samedi 23 mai 2026, ses enfants ont organisé une mise au point à la résidence familiale afin de dénoncer ce qu’ils qualifient de « condamnation injuste, irrégulière et contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit ».
Face à la presse, la famille du magistrat estime que leur père a été victime « d’acharnement, de jalousie et d’instrumentalisation » de la part de certains membres de l’appareil judiciaire. Selon eux, les poursuites engagées contre Jean Claude Pandatimu seraient liées aux fonctions qu’il occupait, notamment celles de professeur d’université et de président du Tribunal de commerce de Kisangani.
« Notre père est désormais considéré comme un persécuté », ont déclaré ses enfants, évoquant une série de faits qu’ils présentent comme des preuves d’un traitement judiciaire biaisé.
Une vidéo au cœur de la controverse
Parmi les éléments évoqués figure la vidéo ayant servi de base à la condamnation du magistrat. Les enfants de Jean Claude Pandatimu soutiennent que les images ont été « mal interprétées » par les autorités judiciaires.
Selon leur version des faits, la séquence montrait l’ex-épouse du magistrat, Madame Frida Kelekele, les deux bras ligotés par des éléments de la police judiciaire. Toutefois, ils affirment que cette scène avait pour objectif de constituer une preuve destinée à démontrer devant le tribunal « le comportement de rébellion » de cette dernière face à une décision de justice.
La famille affirme également que cet acte aurait été autorisé par les dispositions d’une nouvelle loi promulguée en 2023, particulièrement en son article 372.
Accusations de manipulation judiciaire
Les enfants du professeur-magistrat dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une dissimulation volontaire des dispositions de cette loi par un magistrat du parquet agissant, selon eux, « sous l’autorité d’un haut magistrat d’une juridiction de la place ».
Ils reprochent aussi aux autorités de l’époque d’avoir présenté la vidéo à l’ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux en qualifiant encore Madame Frida Kelekele d’épouse de Jean Claude Pandatimu, alors que, d’après eux, le jugement de divorce avait déjà été prononcé.
La famille évoque en outre des faits de « dénonciation calomnieuse » et affirme que la juridiction ayant condamné leur père se serait notamment appuyée sur le communiqué de presse n°009 du 6 octobre 2023 de l’ancien ministre de la Justice pour rendre sa décision.
De lourdes conséquences psychologiques
Au-delà du volet judiciaire, les enfants de Jean Claude Pandatimu affirment que cette détention a profondément affecté la santé psychologique et sociale de leur père.
Ils évoquent notamment « des atteintes psychiques et mentales » consécutives à ce qu’ils considèrent comme des accusations « ignobles et infondées », allant jusqu’à des soupçons d’occultisme et de prétendues intentions criminelles à l’encontre de ses propres enfants.
La famille fait également état d’un profond sentiment d’insécurité, d’indignation face à « l’injustice subie », ainsi que d’un traumatisme durable causé par la privation de liberté et les conditions de détention jugées particulièrement éprouvantes.
Selon leurs déclarations, le professeur-magistrat souffrirait aujourd’hui de troubles psychosomatiques liés au stress intense, aux privations de sommeil et aux conditions carcérales endurées durant plus de deux ans et demi.
Pour cette raison, ses enfants indiquent que leur père observera d’abord une période de repos avant toute éventuelle prise de parole publique.
Laurent Kangisa