Tshopo: Crise au sein du parti politique convention fédérale du Congo CFC, Gabriel Isaula démission du poste du président fédéral.

Laurent Kangisa

La Convention Fédérale du Congo, la CFC, traverse une nouvelle zone de turbulences. Son président interfédéral dans la Tshopo, Me Gabriel Isaula Ngubu, annonce sa démission. Une décision politique retentissante, contenue dans une déclaration de six pages.

L’ancien responsable provincial ne parle pas d’un simple départ. Il présente sa démission comme un acte de rupture avec la direction nationale du parti.

Je cite : « Je ne démissionne pas par convenance personnelle. Je démissionne parce que je refuse de devenir complice d’un système que ma conscience politique ne peut plus accepter. »

Dans sa déclaration de démission , Me Gabriel Isaula Ngubu s’en prend directement au président national de la CFC, Gilbert Musongela. Après cinq années de direction, il dénonce ce qu’il considère comme un bilan largement négatif : absence de structures fonctionnelles, insuffisance des réunions statutaires et absence, selon lui, d’une véritable stratégie d’implantation nationale.

Sur les 26 provinces de la République, le démissionnaire affirme que la CFC ne serait réellement implantée que dans un nombre très limité d’entre elles. Il va jusqu’à évoquer une présence « pratiquement absente » au Maniema, pourtant présenté comme le fief du président national.

Mais c’est surtout en Tshopo que la charge est la plus sévère.

Me Isaula revendique personnellement l’implantation de la CFC dans cinq territoires sur sept, dans les six communes de Kisangani ainsi qu’à Lubuya-Bera. Un travail qu’il affirme avoir financé sur fonds propres, sans aucun appui financier de la direction nationale.

Il accuse par ailleurs la hiérarchie du parti d’avoir récupéré ce travail pour le présenter comme le fruit de l’action du directoire national.

Autre accusation, particulièrement sensible : le tribalisme. Me Isaula dénonce un système dans lequel, selon lui, le mérite serait sacrifié au profit des appartenances et des réseaux.

Son crédo tient en une phrase : « Je refuse que le mérite ait une tribu. »

Dans sa déclaration, il interpelle également l’autorité morale de la CFC, James Kenda Odu, à qui il reproche d’avoir maintenu sa confiance au président national malgré, dit-il, les plaintes répétées venues des interfédérations.

Et de conclure : « Le parti se meurt. »

Pour autant, Me Gabriel Isaula Ngubu assure ne pas tourner le dos à la politique, ni à la Tshopo, ni à la Grande Orientale.

« Je préfère partir debout plutôt que rester assis dans le silence », écrit-il avant de formaliser sa démission.

Le président federal démissionnaire quitte bien sûr la CFC mais ne prend pas une retraite politique, en attendant d’autres opportunités, il déclare s’occuper pour l’instant de sa fondation font le processus de création est en cours.

Une rupture qui place désormais la direction nationale de la CFC face à une question essentielle : quelle réponse apporter à ces accusations qui, si elles sont maintenues, pourraient ouvrir une crise politique majeure au sein du parti ?

Laurent Kangisa.