À travers le projet NGAI PE MOTO, le Centre d’éducation, de documentation et d’action pour les femmes (CEDAF) a sensibilisé, du 2 au 3 octobre 2026, les personnes déplacées du conflit Mbole-Lengola ainsi que les groupes marginalisés de Kisangani sur leurs droits en matière de contraception et de santé sexuelle et reproductive. Au terme de cette campagne, 80 femmes se sont engagées à recourir aux méthodes de planification familiale.
Le Centre d’éducation, de documentation et d’action pour les femmes (CEDAF) poursuit son engagement en faveur des droits des femmes et des filles à Kisangani, dans la province de la Tshopo. Dans le cadre du projet NGAI PE MOTO, l’organisation a mené, durant deux jours, du 2 au 3 octobre 2026, une campagne de sensibilisation au site de Konga-Konga, qui accueille des personnes déplacées à la suite du conflit Mbole-Lengola.
Cette initiative visait à informer les personnes marginalisées sur leur droit d’accéder aux services de planification familiale, mais également à renforcer leurs connaissances des textes juridiques encadrant les soins de santé sexuelle et reproductive en République démocratique du Congo (RDC).
La planification familiale au cœur des échanges
Au site de Konga-Konga, la sensibilisation revêt une importance particulière, dans un contexte marqué, selon les informations communiquées, par plusieurs cas de grossesses précoces chez des adolescentes et des filles mineures.
Face à cette situation, l’équipe du CEDAF a mis l’accent sur l’accès aux différentes méthodes contraceptives et leur utilisation, afin de permettre aux femmes et aux filles de mieux planifier les naissances et de prendre des décisions éclairées concernant leur santé reproductive.
La campagne ne s’est toutefois pas limitée aux personnes déplacées. Elle a également ciblé les communautés environnantes, avec une attention particulière accordée aux personnes vivant avec un handicap et aux personnes atteintes d’albinisme, souvent confrontées à des obstacles supplémentaires dans l’accès aux services de santé.
Au cours des échanges, les sensibilisateurs ont rappelé que la contraception ne relève pas uniquement d’un choix individuel, mais s’inscrit également dans le cadre des droits humains et des engagements juridiques de la RDC.
Le protocole de Maputo invoqué pour défendre le droit à la contraception
Pour renforcer leur message, les membres de l’équipe du CEDAF ont présenté les instruments juridiques régionaux relatifs aux droits des femmes, notamment le protocole de Maputo, ratifié par la RDC.
Ce texte constitue une référence importante dans la promotion des droits des femmes en Afrique, particulièrement en matière de santé, de droits reproductifs et d’accès aux services de santé sexuelle et reproductive.
Pour le CEDAF, l’accès à la contraception représente un droit humain fondamental et un levier essentiel pour améliorer la santé et le bien-être des femmes et des filles, mais aussi ceux de leurs familles et de l’ensemble de la société.
L’organisation entend ainsi contribuer à une meilleure connaissance des droits, tout en encourageant les populations concernées à recourir aux services de santé disponibles, sur la base d’informations fiables et d’un choix éclairé.
Quatre-vingts femmes s’engagent à recourir à la planification familiale

L’un des résultats concrets de cette campagne est l’engagement de 80 femmes à appliquer les méthodes de planification familiale présentées au cours des séances de sensibilisation.
Ces femmes ont été orientées vers des cliniques mobiles, où des prestataires de santé doivent les accompagner dans le choix et l’utilisation d’une méthode contraceptive adaptée, après leur avoir fourni les informations nécessaires sur les différentes options disponibles et leurs avantages.
Cette orientation vers les structures de soins constitue une étape importante entre la sensibilisation communautaire et l’accès effectif aux services de santé reproductive.
Elle permet également de rappeler que le choix d’une méthode contraceptive doit se faire sur la base d’informations appropriées et avec l’accompagnement de professionnels de santé.
La campagne se poursuivra à la mission Saint-Gabriel
Après l’étape du site de Konga-Konga, le CEDAF prévoit de poursuivre ses activités de sensibilisation au site de déplacés de la mission Saint-Gabriel, toujours dans le but de rapprocher les informations et les services de santé sexuelle et reproductive des populations vulnérables.
Pour la docteure Véronique Lemba Mibengo, coordinatrice du CEDAF, ces activités, soutenues par le Fonds pour les femmes Congolaises FFC, s’inscrivent dans une démarche visant à réduire les inégalités d’accès aux services de santé sexuelle et reproductive.
L’initiative entend notamment renforcer le pouvoir d’agir des groupes spécifiques, parmi lesquels les personnes atteintes d’albinisme, les personnes en situation de handicap et les personnes déplacées.
À travers le projet NGAI PE MOTO, le CEDAF mise ainsi sur la sensibilisation, l’information juridique et l’orientation vers les services de santé pour contribuer à une meilleure protection des droits reproductifs des femmes et des filles à Kisangani.
Laurent Kangisa