Le Groupe Lotus, organisation de défense des droits humains active dans la province de la Tshopo, a procédé ce jeudi 4 juin 2026 au lancement officiel de son nouveau projet intitulé « Assistance aux victimes des conflits dans la province de la Tshopo en République démocratique du Congo ».
Financé par l’Ambassade de la République fédérale d’Allemagne en RDC, ce projet sera mis en œuvre durant sept mois, soit du 30 mai au 31 décembre 2026. Les activités se dérouleront dans la ville de Kisangani et ses périphéries ainsi que dans les territoires d’Opala et d’Ubundu, deux entités particulièrement touchées par les conflits communautaires.
À travers cette initiative, le Groupe Lotus entend répondre à l’insuffisance d’assistance accordée aux victimes de graves violations des droits humains, notamment les violences sexuelles et basées sur le genre. Le projet vise également à renforcer la protection des droits humains, considérée comme un pilier essentiel de la démocratie et de la bonne gouvernance.
Selon le diagnostic établi par l’organisation, la province de la Tshopo est confrontée depuis plusieurs années à des conflits communautaires, fonciers et intercommunautaires qui affectent lourdement les populations civiles. Ces tensions sont à l’origine de nombreuses violations des droits humains, parmi lesquelles les violences sexuelles à l’égard des femmes et des jeunes filles, les actes de torture, les mauvais traitements, les arrestations arbitraires, les discriminations fondées sur le genre, les discours xénophobes ainsi que les atteintes aux libertés d’expression, de manifestation et de presse. Des violations du droit à un procès équitable sont également régulièrement signalées.
Le Groupe Lotus cite notamment le conflit communautaire sanglant opposant les communautés Mbole et Lengola dans les territoires d’Opala et d’Ubundu, en périphérie de Kisangani. Cette crise a entraîné de lourdes pertes en vies humaines, de graves violations des droits humains et le déplacement massif de populations vers la capitale provinciale.
Au-delà de ces défis sécuritaires et humanitaires, l’organisation souligne également l’ignorance d’une grande partie de la population quant à ses droits fondamentaux, l’insuffisance des structures citoyennes d’encadrement ainsi que les faiblesses de certaines institutions publiques. Pour le Groupe Lotus, ces facteurs contribuent à la persistance des violations des droits humains et pourraient favoriser l’émergence d’une crise sociale majeure.
Face à cette situation, le projet poursuit un objectif central : contribuer à la défense des droits des victimes des conflits, à leur réinsertion sociale et à la promotion du respect des droits humains dans l’ensemble de la province de la Tshopo.
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs activités sont prévues. Il s’agira notamment de mener une vaste campagne de sensibilisation sur les droits et devoirs des victimes à travers des formations et des émissions médiatiques, d’assurer la prise en charge d’un nombre limité de survivantes de violences sexuelles et basées sur le genre, de renforcer les capacités des organisations féminines, des associations de victimes et des jeunes sur les techniques de revendication des droits et de plaidoyer, ainsi que d’accompagner certaines victimes de violences sexuelles dans des procédures judiciaires portant sur des cas emblématiques.
Le projet prévoit également l’organisation de dialogues et de concertations régulières entre les autorités publiques, la société civile et les victimes à travers des tables rondes locales et des actions de plaidoyer destinées à favoriser la cohésion sociale et la protection des droits fondamentaux.
Trois catégories de bénéficiaires ont été identifiées. Parmi les bénéficiaires directs figurent une vingtaine de victimes de graves violations des droits humains qui bénéficieront d’une assistance judiciaire, ainsi que plusieurs victimes qui recevront un accompagnement médical et scolaire. Quarante personnes, dont des représentants des autorités publiques de Kisangani, d’Opala et d’Ubundu, participeront également aux différentes activités de renforcement des capacités.
Les bénéficiaires indirects comprennent les organisations de victimes, les jeunes issus des communautés Mbole et Lengola ainsi que diverses organisations de la société civile œuvrant dans la province.
Le projet s’appuiera enfin sur plusieurs partenaires locaux, notamment les organisations de la société civile de Kisangani, d’Ubundu et d’Opala, le Barreau de la Tshopo ainsi que d’autres structures engagées dans la promotion et la protection des droits humains.
Sur l’ensemble du financement mobilisé, le Groupe Lotus apportera une contribution propre estimée à 10 %, principalement sous forme de ressources humaines, matérielles et logistiques destinées à soutenir la mise en œuvre des activités sur le terrain.
Par cette initiative, l’organisation réaffirme son engagement en faveur de la protection des populations vulnérables et de la consolidation d’un environnement respectueux des droits humains dans la province de la Tshopo.
Laurent Kangisa.