Alors que la riposte contre la maladie à virus Ebola se poursuit dans l’est de la République démocratique du Congo, les acteurs de santé et la société civile appellent à un renforcement des stratégies d’intervention afin d’améliorer l’efficacité des opérations sur le terrain.
Déclarée officiellement le 15 mai 2026, l’épidémie d’Ebola touche principalement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec l’Ituri comme épicentre des contaminations. Selon les dernières données consolidées du ministère de la Santé et de l’Institut national de santé publique, l’épidémie a déjà enregistré environ 780 cas confirmés et plus de 170 décès, tandis que plusieurs dizaines de patients ont été guéris.
Des critiques sur la gestion de la riposte
Sur le terrain, les Conseils provincial et urbain de l’Ordre National des Infirmiers du Congo dénoncent plusieurs dysfonctionnements dans la prise en charge des patients. Ils évoquent notamment un manque d’équipements de protection, des difficultés dans l’organisation des soins, ainsi qu’une exposition accrue du personnel médical.
Selon ces structures, plusieurs soignants ont déjà perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions, ce qui fragilise davantage les équipes engagées dans la riposte.
Les professionnels de santé appellent ainsi à une meilleure coordination et à un renforcement urgent des moyens logistiques et sanitaires dans les zones affectées.
La nécessité de renforcer la confiance communautaire
Au-delà des aspects médicaux, les acteurs de la société civile estiment que la réussite de la riposte dépend également de la confiance entre les communautés et les équipes sanitaires.
Le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles plaide pour une approche basée sur l’éducation communautaire afin de lutter contre les rumeurs, les croyances et la méfiance qui freinent encore les interventions de prévention et de sensibilisation.
Selon ses responsables, l’implication des leaders locaux et la communication de proximité restent essentielles pour améliorer l’adhésion des populations aux mesures sanitaires.
Une situation toujours préoccupante
D’après les rapports récents, l’épidémie continue de se propager dans plusieurs zones de santé, notamment en Ituri où la majorité des cas sont concentrés. Les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa restent particulièrement touchés par la circulation du virus, dans un contexte marqué par des difficultés d’accès humanitaire et des mouvements de population.
Les autorités sanitaires rappellent que la situation reste sous surveillance renforcée, tandis que les équipes de riposte poursuivent les opérations de dépistage, de suivi des contacts et de prise en charge des malades.
Un défi sanitaire et sécuritaire
La persistance de l’épidémie intervient dans un contexte sécuritaire fragile dans l’est du pays, ce qui complique les interventions des équipes médicales sur le terrain.
Les acteurs de la santé appellent ainsi à une mobilisation accrue des ressources nationales et internationales afin de contenir la propagation du virus et réduire le nombre de victimes.
Malgré les efforts engagés depuis la déclaration de l’épidémie, les défis restent importants. Entre insuffisances logistiques, contraintes sécuritaires et défis communautaires, la riposte contre Ebola en Ituri nécessite des ajustements rapides pour éviter une aggravation de la situation.
David Ngity.