Université de Kisangani : Freddy Getumbe Ndongo décroche une grande distinction de DES avec une étude sur la nomination des maires et la gouvernance urbaine; cap soutenance de thèse de doctorat.

Laurent Kangisa

L’organisation des élections locales constitue une condition essentielle pour renforcer la gouvernance de proximité et accélérer le développement urbain en République démocratique du Congo. C’est la principale conclusion de la recherche défendue ce jeudi 25 juin 2026 avec brio par Freddy Getumbe Ndongo, bibliothécaire de première classe, à l’issue de son troisième cycle en droit public à l’Université de Kisangani.

Face à un jury de haut niveau présidé par le professeur Petillon Muyambi, le récipiendaire a présenté les résultats de son travail scientifique consacré au thème : « Nominations des maires et développement urbain : regard sur la gouvernance de la ville de Kisangani ».

Dans cette étude, le chercheur s’est attaché à analyser les facteurs qui déterminent le mode de nomination des maires ainsi que leur impact sur la gouvernance urbaine de Kisangani. Il s’est également penché sur les difficultés auxquelles sont confrontés les maires nommés dans l’exercice de leurs fonctions.

Ses recherches mettent en évidence plusieurs obstacles majeurs à une gouvernance urbaine efficace, notamment la faible application du cadre juridique relatif à la décentralisation, la non-effectivité des élections locales, la politisation des institutions, ainsi que le centralisme administratif qui réduit la marge de manœuvre des autorités locales.

L’étude souligne également que la centralisation de la procédure de nomination des maires, l’application incomplète de la décentralisation, les conflits récurrents entre les maires et leurs adjoints, la faible autonomie financière des villes, les insuffisances en matière de transparence de gestion ainsi que la corruption constituent autant de facteurs qui freinent le développement urbain.

Selon Freddy Getumbe Ndongo, cette dépendance des maires vis-à-vis de l’autorité qui les nomme limite considérablement la participation citoyenne à la gestion des affaires publiques. Dans ce contexte, la population peine à trouver des interlocuteurs capables de défendre efficacement ses intérêts auprès des pouvoirs publics.

Le chercheur rappelle que la Constitution du 18 février 2006, telle que révisée, prévoit en son article 3 que les provinces et les entités territoriales décentralisées, dont les villes, jouissent de la personnalité juridique et sont administrées par des organes locaux. Cette disposition est consolidée par la loi du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces, qui consacre le principe selon lequel les dirigeants des villes, communes, secteurs et chefferies devraient être élus au second degré et contrôlés par les organes délibérants de leurs entités respectives.

Pour mettre fin aux dysfonctionnements observés et permettre aux entités territoriales décentralisées de jouer pleinement leur rôle d’autorités de proximité et de développement local, Freddy Getumbe Ndongo plaide pour un financement adéquat de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) par le gouvernement. À ses yeux, l’organisation des élections locales permettrait non seulement aux populations de choisir librement leurs dirigeants, mais aussi d’assurer le respect des prescriptions de la Constitution et des lois de la République.

La qualité scientifique de cette recherche et la pertinence des analyses présentées ont convaincu le jury, qui a décerné au candidat la mention Grande Distinction. Cette brillante défense marque l’aboutissement de son troisième cycle en droit public à l’Université de Kisangani et lui ouvre désormais la voie vers la soutenance de sa thèse de doctorat.

Par Laurent Kangisa