Plus de 22 000 élèves finalistes de la province éducationnelle Tshopo 1 prennent part aux épreuves de l’Examen d’État, édition 2025-2026. Parmi eux figurent 14 candidats particulièrement vulnérables, dont 10 élèves aveugles et 4 élèves drépanocytaires de la ville de Kisangani, qui ont finalement pu accéder à ces examens grâce à une intervention de dernière minute du gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, et de la sénatrice Madeleine Nikomba Sabangu.
Selon des documents consultés par notre rédaction, ces élèves, majoritairement issus de familles démunies, avaient sollicité depuis le 24 mars 2026 une prise en charge financière auprès du gouverneur de la province de la Tshopo. Leur requête portait sur un montant global de 950 dollars américains, destiné notamment à couvrir les frais de participation à l’Examen d’État ainsi que les besoins médicaux spécifiques des candidats drépanocytaires.
Le montant sollicité se répartissait comme suit :
– 500 dollars pour le paiement des frais de participation aux épreuves ;
– 450 dollars pour la prise en charge médicale des élèves drépanocytaires durant la période des examens.
Cependant, selon les informations recueillies, aucune suite favorable n’aurait été réservée à cette demande jusqu’au lancement des épreuves.
Face à cette situation préoccupante, les responsables des élèves se sont tournés vers d’autres personnalités. Contactés quelques jours seulement avant le début des examens, le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito, et la sénatrice de la Tshopo, Madeleine Nikomba, ont répondu favorablement à l’appel en apportant un soutien financier permettant à ces candidats de participer aux épreuves nationales.
Pour plusieurs observateurs, ce geste traduit un engagement concret en faveur de l’inclusion scolaire et du droit à l’éducation des enfants vivant avec un handicap ou une maladie chronique.
Réagissant à cette affaire, un activiste des droits humains basé à Kisangani, ayant requis l’anonymat, a dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise hiérarchisation des priorités publiques.
« Il n’y a pas d’argent pour l’éducation des enfants vulnérables, mais il y en a suffisamment pour faire venir des artistes musiciens. Cette situation ressemble à celle d’un père de famille qui laisse ses enfants affamés à la maison tout en préférant effectuer des dépenses à l’extérieur », a-t-il déclaré avec indignation.
Alors que les épreuves de l’Examen d’État se poursuivent sur l’ensemble du territoire national, cette intervention de dernière minute aura permis à ces 14 élèves de ne pas être privés d’une étape décisive de leur parcours scolaire.
Par Laurent Kangisa