Quatre mois après sa mise en place, la Commission d’Indemnisation / Frivao de l’Archidiocèse de Kisangani a présenté ce jeudi 27 mars 2025, à la presse, son rapport à mi-parcours sur les réalisations accomplies jusqu’à présent. Cette commission, qui a été créée pour gérer l’enveloppe de 2.500.000$ reçue de Frivao à titre d’indemnisation, a pour mission de réparer les dommages causés aux différentes entités ecclésiastiques de l’archidiocèse pendant la guerre de six jours survenue en l’an 2000.
Le président de la commission, l’évêque auxiliaire de Kisangani, Mgr Léonard Ndjadi Ndjate, a exposé le travail accompli et a détaillé la répartition de l’enveloppe reçue. Selon lui, cette somme a été judicieusement répartie entre les différentes entités ecclésiastiques touchées par le conflit, et les travaux de réhabilitation sont en cours dans ces structures.
La répartition de l’enveloppe de 2.500.000$
L’archidiocèse de Kisangani a bénéficié de près de 1.200.000$ pour financer la réhabilitation ou la construction de plusieurs structures clés, parmi lesquelles l’archevêché, le centre de pastorale, la Procure de mission, la cathédrale, ainsi que les paroisses de Saint Joseph Artisan, Bienheureuse Anuarité, Malkia ya Wamashaidi, Saint Jean Paul II, Sainte Marthe de Lubunga, et Saint Jean d’Évangéliste de Lowa.
En outre, les couvents des congrégations religieuses présentes au sein de l’archidiocèse ont reçu une somme de 555.000$. Ces fonds ont été répartis entre les couvents des missionnaires Comboniens, Montfortains, du Sacré Cœur de Jésus, des sœurs de la Jamaa Takatifu, des sœurs Dominicaines, des sœurs de l’Immaculée Conception, des sœurs de la Doctrine Chrétienne, et des sœurs Servantes de Jésus.
Enfin, les structures scolaires, sanitaires et caritatives, telles que le complexe scolaire Maele, l’institut Saliboko, le Bienheureux Anuarité, le Grand Séminaire Saint Augustin, le Petit Séminaire de Mandombe, le Philosophat Edith Stein, le Centre Simama, l’Hôpital Général de Référence de Kabondo et la Caritas, ont bénéficié d’une enveloppe totale de 545.000$.
Une procédure rigoureuse de sélection
La sélection des entités bénéficiaires s’est faite selon une procédure rigoureuse. La commission a d’abord collecté toutes les informations sur les dommages, pertes et préjudices subis. Ensuite, elle a procédé à une contre-expertise des allégations et à la vérification des titres de propriété des entités ou des espaces touchés par la guerre. Pour la phase d’évaluation technique, le bureau d’expertise immobilière, dirigé par l’ingénieur Musafiri, a fourni un rapport détaillé sur les réparations nécessaires, ainsi que sur les coûts estimatifs des travaux à réaliser.
Les défis rencontrés par la commission
Durant ces quatre premiers mois de fonctionnement, la commission a rencontré plusieurs difficultés. L’une des principales préoccupations a été la demande de partage égoïste de l’enveloppe reçue. Certains individus ont souhaité que les fonds soient répartis entre les personnes plutôt qu’entre les structures touchées par la guerre. Cependant, Mgr Léonard Ndjadi Ndjate a fermement précisé : « Il n’y a eu ni rétrocommission ni partage de cet argent. Toute la somme reçue est employée à la finalité pour laquelle elle a été donnée. »
Une autre difficulté mentionnée par le président de la commission a été l’insuffisance de documentation des pièces justificatives concernant les dépenses effectuées par le passé pour la réparation ou la réhabilitation des bâtiments endommagés. En outre, certaines critiques non constructives ont été émises par des ecclésiastiques mal informés du processus de gestion de l’indemnisation.
Une composition représentative de la commission
Malgré ces défis, Mgr Léonard Ndjadi Ndjate s’est montré optimiste quant à la composition de la commission, soulignant qu’elle reflète la diversité et la représentativité des différents acteurs de l’archidiocèse. Composée d’abbés, de religieux, de religieuses et de laïcs, la commission travaille en collaboration pour assurer que les fonds soient utilisés de manière transparente et efficace pour la réparation des structures endommagées.
Laurent Kangisa