Une scène d’une rare violence s’est produite mardi 14 avril 2026 dans le chef-lieu du territoire de Basoko, où deux présumés bandits de grand chemin ont été tués puis brûlés par une foule en colère. Ce double lynchage fait suite à une série d’actes criminels attribués à l’un des suspects, notamment des vols répétés de motos entre Basoko et Kisangani.
Selon plusieurs sources locales, le principal suspect, identifié sous le nom de JP, était bien connu des services de sécurité. À plusieurs reprises arrêté puis transféré à Kisangani, il aurait été relâché quelques semaines plus tard, avant de reprendre ses activités criminelles. Il était notamment accusé d’avoir mis en place un réseau de revente de motos volées à Kisangani, écoulées ensuite à Basoko.
La situation a basculé après le meurtre d’un jeune motard survenu le jeudi 9 avril 2026. D’après les informations recueillies, JP et son complice auraient sollicité les services de la victime vers 20 heures, lui demandant de les transporter sur une distance de 26 kilomètres. En cours de route, à environ 17 kilomètres du centre, ils l’auraient assassiné avant d’abandonner son corps dans la brousse et de s’emparer de sa moto. L’engin sera par la suite revendu à Basoko.
Alertée par la disparition du jeune homme, sa famille a entrepris des recherches. Dimanche, elle a réussi à retrouver la moto ainsi que le gilet de la victime. L’acheteur de l’engin, interpellé, a rapidement mis en cause les deux suspects, conduisant à leur arrestation par la police.
Mardi, lors de leur interrogatoire, les deux hommes seraient passés aux aveux. Mais alors qu’ils s’apprêtaient à conduire les autorités sur le lieu où le corps avait été abandonné, la situation a dégénéré. Le complice de JP a tenté de s’échapper, mais il a été rattrapé par une foule nombreuse venue assister à la scène. Il a été violemment lynché jusqu’à succomber à ses blessures.
Sous escorte des autorités politico-administratives et des forces de l’ordre, JP a ensuite conduit les équipes sur les lieux indiqués. Le corps du motard y a été retrouvé dans un état avancé de décomposition.
Au retour vers le centre de Basoko, la tension est montée d’un cran. La foule, de plus en plus hostile, s’est emparée de JP et lui a infligé le même sort que son complice. Les deux corps sans vie ont ensuite été traînés jusqu’au domicile du principal suspect. La maison a été forcée, les dépouilles déposées à l’intérieur, avant que le bâtiment ne soit incendié.
Les faits se sont déroulés sous le regard impuissant des autorités locales, dépassées par l’ampleur de la colère populaire.
Laurent Kangisa