Haut-Uele : L’Arrêstation du Célèbre Journaliste Betima suscite l’Indignation de la Coordination Provinciale de ENSEMBLE pour la République Haut-Uele et demande sa libération.

Laurent Kangisa

 

Le climat politique en République Démocratique du Congo semble devenir de plus en plus tendu, notamment dans la province du Haut-Uele, où les menaces, arrestations et enlèvements se multiplient. Dans un contexte où le président Félix Tshisekedi Tshilombo, chef de l’État, semble s’engager dans une démarche de décrispation politique pour promouvoir l’unité nationale, le Haut-Uele semble suivre une toute autre voie. Les autorités locales semblent multiplier les actions répressives pour étouffer toutes les voix discordantes, particulièrement celles de la presse.

Le dernier cas en date est celui du journaliste Betima, directeur de la radio Nava d’Isiro, une figure emblématique de la presse indépendante dans la province. Son arrestation a choqué l’opinion publique et a mis en lumière les tensions croissantes entre le pouvoir en place et les médias. Le motif de son incarcération : avoir exercé son métier de journaliste en toute liberté, en dénonçant la nomination de M. Jonas BAKYABOTANE, un proche du pouvoir, comme nouvel ordonnateur du guichet de la DGRU Moku en territoire de Watsa.

Betima aurait simplement relayé une information, en citant sa source, le média en ligne Pressecongo. Selon cette dernière, M. BAKYABOTANE serait accusé de crime économique à BHO, un détournement présumé de fonds publics ayant permis à ce dernier de se construire des villas avec de l’argent qui aurait dû être utilisé pour le développement de la province, notamment dans la construction de routes, d’écoles et d’hôpitaux. Ce même média, pourtant pro-gouvernement, a confirmé cette information.

Curieusement, alors que l’auteur de ces accusations aurait dû être mis sous enquête, c’est le journaliste Betima qui est aux arrêts. Cette situation met en évidence une incohérence préoccupante et un climat de répression contre ceux qui osent remettre en question le pouvoir en place.

Face à cet abus de pouvoir, la Coordination Provinciale de ENSEMBLE pour la République Haut-Uele exprime son indignation et sa solidarité avec le journaliste Betima. Elle dénonce fermement les menaces, les arrestations arbitraires et les enlèvements, des pratiques qui, selon elle, visent à étouffer la liberté d’expression et à museler la presse indépendante dans la province.

Dans un communiqué publié récemment, cette organisation politique dénonce l’instauration d’un régime totalitaire où la terreur devient l’instrument principal pour faire taire les voix discordantes, notamment celles de la presse et de l’opposition politique. La coordination condamne également l’empiétement flagrant sur la liberté de la presse dans le Haut-Uele, appelant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) à défendre sans peur les journalistes qui sont désormais des cibles dans ce climat politique de plus en plus oppressant.

Les revendications formulées par la Coordination Provinciale de ENSEMBLE pour la République Haut-Uele sont claires :

1. La libération immédiate et sans condition du journaliste Betima, dont la seule faute aura été de dire tout haut ce qui, jusqu’ici, n’était qu’un secret de polichinelle.

2. L’annulation de la nomination de M. Jonas BAKYABOTANE comme nouvel ordonnateur du guichet de Moku, afin de montrer que le pouvoir ne soutient pas ceux qui sont accusés de détournement des deniers publics.

3. L’ouverture d’une enquête judiciaire à l’encontre de M. BAKYABOTANE, afin d’étudier de manière approfondie les allégations de détournement de fonds publics qui ont choqué une grande partie de la population locale.

4. Le rétablissement d’un véritable jeu démocratique où la liberté de la presse et celle de l’opposition sont garanties et respectées.

 

Ces mesures sont cruciales pour rétablir la confiance du peuple dans les institutions et garantir que les droits fondamentaux des citoyens, en particulier celui de la liberté d’expression, ne soient pas bafoués.

Jean-Louis BANGOBEA SIKU, Coordonnateur Provincial de ENSEMBLE pour la République Haut-Uele, appelle à une prise de conscience collective pour garantir un avenir politique et social stable, fondé sur la transparence et le respect des principes démocratiques.

La rédaction.