L’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Kisangani (ISTM-Kisangani) a officiellement lancé sur le marché de l’emploi 900 nouveaux professionnels de la santé. Parmi eux, 578 proviennent du système Licence-Master-Doctorat (LMD) récemment instauré, tandis que 308 sont issus de l’ancien système Padem. Ce résultat fait suite aux examens de la première session, auxquels ont pris part 1425 finalistes sur un total de 1652, soit un taux de participation de 85 %.
Lors de la cérémonie de remise des diplômes, qui s’est tenue dans un contexte marqué par de nombreux défis, le Secrétaire Général Académique, le Professeur Émile Libonze, a présenté le bilan académique et institutionnel. Il a mis en lumière les principales difficultés auxquelles fait face l’établissement, notamment en matière d’infrastructures et de conditions d’enseignement.
Infrastructures précaires et plaidoyer pour la réhabilitation
L’ISTM-Kisangani fonctionne actuellement sur deux sites : celui de l’Hôpital Général de Référence Makiso-Kisangani, aux installations vétustes et inadaptées, et celui de Mangopi, en cours de construction. Ces conditions, loin de répondre aux normes modernes d’enseignement supérieur, freinent les ambitions de l’institution.
Face à cette réalité, le Directeur Général de l’ISTM-Kisangani, le Professeur Dr Salomon Batina Agasa, appelle à une intervention urgente du gouvernement. Il plaide pour la réhabilitation complète de l’institution, à l’instar de l’Université de Kinshasa, de l’Université Pédagogique Nationale (UPN), de l’Université de Lualaba, de l’Université Nationale des Bâtiments et Travaux Publics (UNBTP), de l’Université Officielle de Mbuji-Mayi ou encore de l’Institut des Beaux-Arts.
« L’ISTM-Kisangani ne peut plus, 33 ans après sa création, continuer à ressembler à un chantier. Nous avons besoin d’infrastructures modernes, de matériel didactique, de laboratoires bien équipés, d’une école d’application, d’un centre hospitalier de référence, d’une bibliothèque digne de ce nom », a insisté le Professeur Batina. Il affirme que ces outils sont essentiels pour une formation de qualité, à la hauteur des ambitions régionales et nationales que porte la province de la Tshopo.
Une gestion proactive malgré le manque de moyens
En dépit de ces limites, le comité de gestion dirigé par le Professeur Batina ne reste pas inactif. Plusieurs initiatives ont été engagées pour relancer les salles techniques, les laboratoires et les espaces informatiques, dans l’optique d’améliorer l’apprentissage et de renforcer les collaborations avec d’autres institutions d’enseignement supérieur, de recherche scientifique et d’innovation technologique, tant au niveau national qu’international.
Un déficit criant d’enseignants à temps plein
Autre problème majeur évoqué par le Professeur Émile Libonze : la pénurie du personnel académique à temps plein. L’ISTM-Kisangani ne dispose actuellement que d’un seul professeur, 43 chefs de travaux et 4 bibliothécaires, un effectif largement insuffisant pour encadrer efficacement les étudiants.
Face à cette situation, l’institution est contrainte de recourir à 56 enseignants visiteurs : 21 professeurs ordinaires, 6 professeurs, 17 chefs de travaux et 13 assistants. Une solution coûteuse qui pèse lourdement sur les finances de l’établissement. Le Secrétaire Général Académique a, à cet effet, sollicité l’implication du gouvernement afin de recruter ces enseignants en qualité des enseignants à temps partiel. Un appui qui permettrait à l’ISTM de mieux structurer son corps académique et de garantir la continuité de la formation.
Une offre de formation diversifiée mais sous tension
L’ISTM-Kisangani organise six sections, notamment les soins infirmiers, la biologie médicale, la sage-femme, l’organisation des soins de santé, les sciences de la motricité ainsi que les formations en horaire décalé. Ces sections abritent 13 options, couvrant entre autres :
les soins généraux,
la pédiatrie,
l’anesthésie et réanimation,
les techniques de laboratoire,
la gestion et management des services de santé,
la logistique sanitaire,
la nutrition,
la kinésithérapie,
l’imagerie médicale,
la chirurgie,
et la santé communautaire.
Ces formations positionnent l’ISTM-Kisangani comme un acteur stratégique dans le domaine des sciences de la santé en RDC, à condition que les moyens suivent.
Laurent Kangisa.