Kananga : les motocyclistes et chauffeurs annoncent une marche de colère contre les tracasseries policières.

Laurent Kangisa

La tension monte d’un cran dans la ville de Kananga. Les conducteurs de motos-taxis et de véhicules ont annoncé une marche de colère pour ce mardi 20 janvier 2026, afin de dénoncer les multiples tracasseries policières et les arrestations qu’ils qualifient d’arbitraires dans les coins et recoins de la ville.

Depuis le lundi 19 janvier, plusieurs artères de la commune de Katoka ont été animées par des conducteurs sillonnant les quartiers pour sensibiliser leurs collègues et la population à une journée sans transport prévue ce mardi. Une action qui risque de paralyser une grande partie des activités socio-économiques de la capitale provinciale du Kasaï Central.

Selon les premières informations recueillies sur place, les traximains accusent certains éléments de la Police nationale congolaise de multiplier des contrôles abusifs, souvent en dehors des normes établies par la Police de circulation routière (PCR).

« Nous sommes mécontents du comportement de la police qui est censée nous protéger. On nous arrête sans nous acheminer à la police de circulation routière et on nous inflige des amendes exorbitantes. Nous sommes fatigués », ont déclaré plusieurs motocyclistes rencontrés dans la commune de Katoka.

 

Les conducteurs dénoncent également l’existence de postes de contrôle illégaux érigés à travers la ville, ainsi que des taxes jugées excessives et non réglementaires. Une situation qui, selon eux, étouffe une profession déjà confrontée à de nombreuses difficultés économiques.

Dans leur communiqué verbal, les motocyclistes ont alerté l’ensemble de la population afin d’éviter toute surprise liée à l’arrêt des transports ce mardi. Ils fustigent par ailleurs la non-implication du gouvernement provincial, qu’ils appellent à prendre ses responsabilités pour restaurer l’ordre et mettre fin aux abus.

Les manifestants exigent notamment la suppression de certaines taxes, le démantèlement des postes illégaux et un encadrement strict des services de sécurité intervenant dans le secteur du transport urbain.

Jusqu’à la publication de cet article, aucune réaction officielle des autorités provinciales ou de la police n’avait encore été enregistrée. En attendant, la population de Kananga retient son souffle face à une journée qui s’annonce mouvementée.

Antoine Kamande.