C’est sur demande du premier avocat général près le conseil d’Etat, le professeur Dieudonné Tharcisse Kanyama Mbayabu à la suite des doléances de la population du quartier Pumuzika, que la Bralima doit être traduite en justice.
La charge de déférer cette Brasserie devant les cours et tribunaux est confiée au procureur général près la cour d’appel de la Tshopo.
En séjour à Kisangani pour le vernissage de son ouvrage intitulé la résolution des conflits écologiques: Bilan et perspectives, le professeur Dieudonné Tharcisse Kanyama Mbayabu était approché par la population habitant le quartier Pumuzika, quartier dans lequel est implanté la Bralima depuis 1957, l’accusant de polluer l’eau de la rivière Tshopo.
Une rivière sur laquelle une partie de la population de ce quartier exécute l’essentiel de ses activités notamment la pêche.
L’eau de cette rivière est également utilisée pour les travaux de ménage tels que la cuisson des aliments, la lessive, la vaisselle et le soin du corps.
En phase pré-juridictionnelle , les représentants du quartier Pumuzika ont déposé ce mardi 27 janvier 2025 leur plainte au parquet général près la cour d’appel de la Tshopo.
Dans cette plainte, ces représentants des habitants du quartier Pumuzika ont évoqué les cas de crimes écologiques dont ils sont victimes à partir des activités de production de la Bralima.
Ils sont revenus notamment sur les deux cas de pollution d’eau de la rivière Tshopo survenus récemment.
Le premier en février 2018 et le second en 2023.
Cette pollution d’eau avait causé la mort de plusieurs espèces de poissons et toute personne qui était en contact avec cette eau souffrait de chatouillement et de picotements.
A part ces cas de pollution d’eau, la population de ce quartier est aussi victime de la pollution de l’air.
La mauvaise odeur en provenance de l’usine de la Bralima pollue l’atmosphère.
Cette odeur nauséabonde des produits non connus qui rend la vie invivable dans ce quartier. Cette situation devenue fréquente peut durer deux à trois jours successifs.
Les enquêtes préliminaires menées par certains enseignants de la faculté de sciences de l’université de Kisangani à partir des eaux usées de l’usine de la Bralima qui se déversent sur la rivière Tshopo ont montré des signes de toxicité de ces eaux.
Cependant ce que d’aucuns se demandent, est ce que ce dossier va aboutir à la condamnation de la Bralima quand on sait que plusieurs tentatives menées soit par des autorités de proximité à savoir le chef de quartier Pumuzika, le bourgmestre de la commune de la Tshopo et un collectif d’avocats ont voué toutes à l’échec.
Aussi, du côté des juridictions judiciaires, une autre difficulté pas moindre se pose comme l’a souligné , le premier avocat général près le conseil d’Etat, c’est le manque de dossier de jurisprudence nourrie sur la matière ayant trait au conflits écologiques ou environnementaux.
Laurent Kangisa.