À Kamba Kamba, dans la commune de Kabondo, en pleine ville de Kisangani, une école conventionnée kimbanguiste illustre tristement les défis persistants du système éducatif congolais. Faute de bancs, plusieurs élèves y suivent les cours assis à même le sol, dans des conditions d’apprentissage déplorables.
Une situation paradoxale, quand on sait que la province de la Tshopo regorge d’immenses ressources forestières. « Comment comprendre qu’au 21ᵉ siècle, dans une province aussi riche en bois, des enfants soient encore obligés de s’asseoir par terre pour apprendre ? », s’indigne un acteur de la société civile locale. Pour lui, cette réalité traduit l’indifférence des autorités face aux priorités sociales, alors que « les gouvernants se versent sans gêne dans l’extravagance ».
Depuis la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire en 2019, les écoles publiques de la République démocratique du Congo connaissent une surpopulation sans précédent. Beaucoup de parents, attirés par cette mesure constitutionnelle, ont transféré leurs enfants des écoles privées vers le public. Mais cette affluence n’a pas été accompagnée par la construction de nouvelles infrastructures, ni par la dotation en matériel scolaire adéquat. Résultat : des classes bondées, un manque criant de bancs et de matériels, et des conditions pédagogiques alarmantes.
À Kisangani comme ailleurs, cette situation remet en cause la qualité même de la formation des élèves. Entre la promesse d’un enseignement gratuit et la réalité d’une éducation précaire, la question reste entière : à quoi sert la gratuité si elle ne garantit pas un cadre d’apprentissage digne ?
Laurent Kangisa.