
Dans un contexte où les questions liées à la santé sexuelle et reproductive demeurent encore taboues dans de nombreuses communautés, le Collectif de Femmes de la Tshopo franchit un nouveau pas en faveur de l’autonomisation sanitaire des populations. Ce lundi 18 août 2025, dans la salle de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) de la Tshopo, le collectif a officiellement lancé son nouveau projet intitulé « Contribution à l’amélioration de la santé sexuelle reproductive des communautés ».
La cérémonie de lancement a été présidée par Mme Élisabeth Isikisiki, cheffe de division du Genre, Famille et Enfant, qui a salué l’initiative et réaffirmé le rôle crucial des femmes
dans la transformation sociale et sanitaire de la province.
Un projet ancré dans les réalités locales
Ce projet d’une durée de six mois, financé par le Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC), s’étendra à travers les six communes de la ville de Kisangani ainsi que ses zones périphériques. Il repose sur une approche de proximité : des sensibilisatrices formées vont sillonner les quartiers pour échanger avec les femmes et les hommes sur les enjeux de la planification familiale, des méthodes contraceptives, ainsi que de la prévention des maladies sexuellement transmissibles, y compris le VIH/Sida.
Depuis vendredi dernier, ces femmes relais participent à un atelier de mise à niveau afin de renforcer leurs capacités en communication communautaire, en droits reproductifs et en gestion des résistances culturelles.
Un appel à l’engagement communautaire
Présent lors de cette cérémonie, Charlie Andiru, point focal du FFC dans la Tshopo, a lancé un appel à la rigueur et au professionnalisme. Il a encouragé les sensibilisatrices à « mener ce travail avec sérieux pour le bien-être des communautés » et exhorté le Collectif de Femmes à « veiller à l’atteinte des objectifs et à la pérennisation des acquis ».
Ce projet marque la troisième collaboration entre le FFC et le Collectif de Femmes de la Tshopo, témoignant de la confiance renouvelée dans l’expertise locale pour répondre aux défis sociétaux liés à la santé sexuelle.
Un pas vers l’autonomisation et la santé publique
En s’attaquant aux problématiques de la santé reproductive à la base, ce projet ambitionne non seulement de sauver des vies, mais aussi de briser les tabous qui entravent encore l’accès des femmes et des jeunes à une information fiable et à des services de qualité. C’est un véritable levier pour la réduction des grossesses non désirées, la lutte contre les IST et la promotion des droits fondamentaux.
Laurent Kangisa.