Kisangani : Nuit de violences armées au camp Lumbulumbu, Deux familles d’agents de l’UNIKIS prises pour cibles.

Laurent Kangisa

Une nuit d’angoisse et de terreur s’est abattue sur les agents de l’Université de Kisangani résidant au camp Lumbulumbu, dans la commune de Mangobo. Dans la nuit du mardi au mercredi 10 décembre 2025, des hommes armés ont mené une opération criminelle de plus d’une heure, ciblant successivement deux habitations appartenant à des agents de l’unikis.

Les malfaiteurs ont entamé leur raid peu après minuit, en s’introduisant dans la résidence de Jean-Paul Samwangal, directeur et chef de service à l’UNIKIS. Ils y ont dérobé un téléviseur, trois téléphones Android, un ordinateur portable, plusieurs vêtements ainsi qu’une somme importante d’argent.

Le groupe, composé d’environ six hommes armés, a poursuivi son opération dans la maison voisine, celle du Dr Julien Liengola, professeur à thèse. Selon des témoins, les assaillants semblaient parfaitement informés : ils savaient que l’épouse du professeur, également agent de l’université au service de l’intendance avait retiré des fonds à la caisse la veille en vue d’effectuer des achats ce mercredi. Ils ont exigé qu’elle leur remette l’enveloppe contenant l’argent, allant jusqu’à mentionner le montant exact et les types de billets retirés.

Cependant, une grande partie de la somme se trouvait encore dans la maison, une partie ayant été récupérée par l’ingénieur chargé des travaux. Mécontents, les criminels ont agressé physiquement le Dr Liengola. Après un bref échange, ils lui ont porté un coup de machette à la tête. Grièvement blessé, il a été acheminé d’abord dans un centre de santé le plus proche pour les premiers soins, ensuite aux Cliniques Universitaires, où il a reçu six points de suture.

En quittant les lieux, les assaillants ont également emporté plusieurs biens de valeur : deux téléviseurs, trois téléphones Android, un ordinateur portable, des valises de vêtements d’enfants, des chaussures et divers objets personnels.

Une intervention tardive des forces de l’ordre

Malgré les appels lancés dès le début de l’opération, la police n’est intervenue qu’une heure après la fuite des criminels, suscitant une vive indignation au sein de la communauté universitaire et des habitants du quartier. Cette lenteur d’intervention relance les interrogations sur l’efficacité du dispositif sécuritaire dans cette partie de la ville.

Les autorités universitaires au chevet des victimes

En déplacement au moment des faits, le recteur de l’Université de Kisangani, Professeur Mathieu Kirongozi, a exprimé sa solidarité envers les familles touchées. Sur place, le recteur ad interim, Professeur Pionus Katuala, accompagné de la Secrétaire générale administrative, Charlie Andiru, s’est rendu au camp Lumbulumbu ainsi qu’aux Cliniques Universitaires pour apporter réconfort et soutien moral au professeur Julien Liengola et à sa famille.

Une insécurité grandissante après une courte accalmie

Ces nouveaux actes de banditisme surviennent alors que la ville semblait bénéficier d’une légère accalmie. La recrudescence des vols à main armée inquiète à nouveau les habitants, qui interpellent les autorités sur la nécessité urgente de renforcer la sécurité dans les quartiers les plus exposés.

Laurent Kangisa.